Publié le 30 juillet 2017

EMPREINTE SOCIALE

[LE CHIFFRE] 12 600 euros, le coût du mal-être au travail par salarié et par an

C’est un chiffre qui va peut-être pousser les dirigeants à agir. Selon les calculs du cabinet Mozart Consulting, le coût du mal-être au travail atteint les 12 600 euros par salarié et par an en France. Une meilleure organisation du travail offrirait aux entreprises une importante marge de manœuvre.


Pixabay

Connaissez-vous l’IBET (1) ? C’est le pendant de l’EBIT (qui mesure la performance économique) mais pour le bien-être au travail. Depuis sept ans, le groupe de prévoyance Apicil et le cabinet de conseil en RSE Mozart Consulting publient cet indice qui va de 0 à 1.

Pour l’année 2017 (sur la base des données 2015), l’IBET de la France est de 0,75, soit une perte de valeur ajoutée de 25 % (2). Cela représente un coût pour l’entreprise de 12 600 euros par salarié et par an (dans le privé), dont 80 % (10 100 euros) sont des coûts compressibles et donc récupérables.

"Les mauvaises organisations du travail sont la première cause de dégradation de la compétitivité des entreprises du secteur privé, bien avant les coûts salariaux et charges sociales", estiment les auteurs de l’étude. "L’absentéisme, les journées non travaillées et la rotation du personnel entraînent des pertes très significatives de valeur ajoutée".

Un outil de pilotage

Dans le détail, sur les 10 100 euros de coûts compressibles, 23 % sont liés aux absences (accidents du travail, maladie professionnelle, absentéisme), 34 % des coûts sont dus aux ruptures de contrat de travail du fait de l’employeur, et 42 % aux désengagements des salariés (démissions, ruptures conventionnelles, départs pendant la période d’essai).

Les experts expliquent ainsi qu’une surcharge de travail, la perte de sens, le manque de reconnaissance et d’autonomie, la mauvaise qualité des relations, l’isolement, sont autant de facteurs de dégradation des conditions de travail, susceptibles d’engendrer une baisse de la performance et de la productivité de l’entreprise.

Celle-ci doit alors en supporter les coûts : non réalisation de certaines tâches, embauche et formation de remplaçants, salaires versés à la personne absente… Pour le cabinet Mozart Consulting, "le mal-être en entreprise doit donc être quantifié et devenir un véritable outil de pilotage objectif de la performance".

Et pour motiver les dirigeants à agir, le cabinet précise qu’un gain de 10 % sur la qualité de vie au travail est comparable à un gain de 1 % sur la performance économique. 

Concepcion Alvarez @conce1

(1) IBET : Indice de Bien-Etre au Travail

(2) voir l’étude 


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