Publié le 15 mai 2018

SOCIAL

Sandro, Dior, Desigual, Max Mara et Longchamp obtiennent un zéro pointé en matière de transparence sur leurs pratiques

À l’occasion des cinq ans de l’effondrement du Rana Plaza qui avait fait 1 133 morts, le collectif Fashion Revolution publie son second baromètre sur la transparence des grandes marques de mode. Pour la première fois, une dizaine de marques obtiennent plus que la moyenne. Mais 12 marques obtiennent encore un zéro pointé.  

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À chaque date anniversaire de l'effondrement du Rana Plaza, des millions de gens se mobilisent pour demander aux marques qui fabrique leurs vêtements (#whomademyclothes).
@Fashion Revolution

Sur 150 grandes marques passées au crible par le Fashion Transparency Index (1), 12 obtiennent un zéro pointé. Ce qui signifie qu’elles ne publient quasiment aucune information sur leurs fournisseurs, leur approvisionnement ou encore leurs impacts sociaux et environnementaux. Il s’agit de : Sandro, Nine West, S. Oliver, Mexx, Liverpool, Jessica Simpson, Heilan Home, Dior, Desigual, Barney’s New York, Max Mara et Longchamp.

Depuis deux ans, le collectif Fashion Revolution, créé après l’effondrement meurtrier du Rana Plaza qui avait tué plus d'un millier d'ouvriers de l'industrie textile, publie ce baromètre pour dresser un état des lieux et pousser les marques à améliorer leurs pratiques. Cette année, le score moyen de transparence est de 21 %, un score qui reste très faible. Aucune marque ne dépasse d’ailleurs les 60 %. Signe que la marge de progression est encore grande.

Asos fait figure de pionnier

"La bonne nouvelle est que 37 % des marques publient une liste de leurs fournisseurs - au moins ceux de premier rang - qui assemblent les vêtements. Il s’agit d’une augmentation de 6 % par rapport à l’année dernière", nuance toutefois le collectif. "En 2018, 18 % des marques publient aussi des informations sur les usines où leurs vêtements sont teintés, imprimés et blanchis, à un stade antérieur de production, en hausse de 4 %.".

Pour la première fois, des marques obtiennent une note supérieure à la moyenne avec en-tête : Adidas (58 %), Reebook (58 %), Puma (56 %), H&M (55 %), Esprit (54 %) et un peu plus loin, C&A (53 %). Loin derrière, les marques françaises ne parviennent pas à tirer leur épingle du jeu : Chanel (3 %), Lacoste (6 %), Monoprix (13 %), Louis Vuitton (15 %), Décathlon (17 %), Yves Saint Laurent (35 %). Et cette année, seul le groupe britannique Asos a publié la liste de ses fournisseurs de matières premières.

"Aucune autre entreprise ne publie cette information. Il est donc impossible de savoir d’où viennent leur coton, laine et autres fibres ni qui les produisent", déplore le collectif. Quoiqu’il en soit, la transparence à elle seule ne rime pas forcément avec une amélioration des pratiques. Pour Fashion Revolution, c’est surtout un levier de pression pour que la société civile s’empare de la question et puisse pointer du doigt les marques en cas de manquement.  

Concepcion Alvarez, @conce1

(1) Voir le rapport.


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