Publié le 18 décembre 2017

SOCIAL

[Noël responsable] Le foie gras sans gavage ça existe... et ça déculpabilise !

C'est un classique des fêtes de Noël et pourtant, le foie gras ne fait pas l'unanimité. En cause : le gavage. Cette technique consiste à enfoncer un tube dans l'œsophage de l'oie ou du canard pour engraisser son foie. Un procédé dont les aviculteurs pourraient bientôt se passer. Une ferme expérimentale teste aujourd'hui la production de foie gras sans gavage grâce à l'introduction de ferments intestinaux.

Foie gras gavage maltraitance animale
Des chercheurs toulousains ont trouvé comment produire du foie gras sans gaver les oies.

C’est un sujet qui divise. Peut-on décemment manger du foie gras à Noël en connaissant les conditions d’élevage et surtout de gavage des oies et des canards ? "Après le choc du gavage, l’animal est alors pris de diarrhées et de halètements", décrit l’association contre la maltraitance animale, L214. "Son foie hypertrophié atteindra presque 10 fois son volume normal".

Biberonner les oisillons avec des ferments intestinaux 

Les Français en sont pourtant très friands à en croire une étude du CSA commandée par le CIFOG, Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras. 93 % d'entre eux consomment du foie gras. Une étude que nuance un autre sondage réalisé en novembre par le cabinet Yougov. Il  conclut qu'un Français sur trois refuserait d'acheter du foie gras pour des raisons éthiques liées à la souffrance animale. Plusieurs pays et régions ont d'ailleurs, sur ce même critère, interdit le foie gras, comme la Californie par exemple.

Or, il serait possible, selon des chercheurs toulousains, de se passer du gavage pour produire du foie gras. La ferme expérimentale Aviwell à Pailhès en Ariège teste actuellement un nouveau procédé. Il s’agit, selon une porte-parole contactée par Novethic "d’isoler et d’identifier des ferments intestinaux et d’en biberonner des oisillons qui ont moins de 24 heures de vie". 

L'élevage sans gavage dure deux fois plus longtemps 

Ces ferments se basent sur un processus naturel chez les oies. Lorsqu’elles partent en migration sur de longues distances, elles stockent le gras dans leur foie pour pouvoir voler sans s’alimenter. "En maintenant ce procédé naturel actif et en l’améliorant par des procédés de recherches, on peut réduire la souffrance animale", explique Rémy Burcelin, chercheur à l’Institut des maladies cardiovasculaires de l’Inserm et de l’université Paul-Sabatier à Toulouse, qui a développé cette technique.

Au bout de 10 semaines d’élevage "normal", au lieu de la phase de gavage, les chercheurs "diminuent la durée du jour et abaissent la température ce qui incite ces oiseaux migrateurs à augmenter considérablement leur prise alimentaire et à stocker dans leur foie des réserves en énergie sous forme de graisse". Au total, ces animaux seront élevés pendant 6 mois pour fournir un foie gras, contre un peu plus de trois mois pour les élevages avec phase de gavage.

Des foies gras plus petits et plus chers 

Les foies sont plus petits : environ 350 grammes contre 800 grammes pour les classiques. Un poids qui ne leur permet pas d’adopter l’appellation de "foie gras". "Il faut un minimum de 400 g et une phase de gavage obligatoire. On utilise l’appellation foie naturellement gras", explique la porte-parole. Pour l’instant, la ferme expérimentale élève 150 oies mais devrait passer à 1 000 animaux prochainement.

Le but étant de commercialiser une première production en 2018 puis une deuxième en 2019. Les  fermiers visent 1,5 tonne. "On répond à la demande des consommateurs", estime Rémy Burcelin. Le prix par contre peut freiner les bourses les plus modestes. Ce foie naturellement gras est environ six fois plus cher que le classique.

Autre alternative, moins coûteuse, le foie gras végane. À base de pois chiche, noix de cajou d’huile de coco. À vous de choisir ! 

Marina Fabre@fabre_marina 


© 2019 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

SOCIAL

Consommation

Produits verts, bio, issus du commerce équitable ou made in France….les marques multiplient les produits vendus comme écologiques, durables et responsables et les consommateurs prennent conscience de l’impact de leur choix sur l’environnement. Ces nouvelles pratiques de consommation doivent reposer sur des labels crédibles.

Oeufs de paques C00

[Infographie] Le vrai coût social et environnemental des œufs de Pâques

En ce retour de week-end pascal, vos placards débordent sans doute de bons petits œufs, lapins et poules en chocolat. Mais derrière ces friandises appétissantes, l’industrie du chocolat a des impacts environnementaux et sociaux particulièrement néfastes. Des coûts cachés qui contribuent à mettre en...

Ces marques qui annoncent un tournant de l agroalimentaire

Poulehouse, C'est qui le patron ou Bleu, blanc, ruche... 5 marques qui mettent la responsabilité au coeur de l'agroalimentaire

Le prix bas n'est plus le seul credo du secteur de l'agroalimentaire. Ces dernières années de nouvelles marques ont émergé à l'instar de Poulehouse, la Nouvelle agriculture ou C'est qui le patron. Elles ont montré que des consommateurs étaient prêts à payer quelques centimes de plus pour mieux...

L application mylabel consommer responsable peut detroner yuka

[La vidéo des solutions] MyLabel, l’appli pour consommer responsable qui peut détrôner Yuka

Plus besoin de choisir entre préserver sa santé ou l'environnement en faisant ses courses. L'application MyLabel vous aiguille dans vos achats en fonction des critères sociaux, environnementaux et sanitaires qui vous paraissent le plus important. De quoi vous aider à manger en cohérence avec vos...

Champ de coton dans le gers jean fil

Jean Fil a réussi à créer un approvisionnement en coton 100 % français

Faire pousser du coton dans le Gers : une idée folle ? Pas tant que ça ! Trois agriculteurs, fondateurs de l'entreprise Jean Fil, se sont lancés il y a trois ans. Résultat : ils s'apprêtent à vendre leur deuxième collection de polos, entièrement tissés, teints et confectionnés en France. Et ils vont...