Publié le 16 mars 2020

SOCIAL

Coronavirus : pas de pénurie alimentaire en vue, si les Français se responsabilisent

Ce sont des scènes qui alimentent la psychose. Alors que plusieurs rayons de pâtes et de papier toilette ont été vidés dans les supermarchés, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a appelé les Français au civisme. Il n'y aura pas de pénurie, a-t-il assuré. Toute la filière agroalimentaire se mobilise et se dit prête à amortir le choc. Certaines enseignes ont déjà réservé des créneaux d'ouverture aux personnes âgées. 

Pe nurie coronavirus alimentation afp
Les rayons de pâtes, de riz, de conserves, de papier toilette... sont pris d'assaut.
JULIETTE PAVY / HANS LUCAS

Des files d’attente immenses, des rayons vides, des caddies remplies de pâtes et de papier toilette pour tenir des semaines voire des mois… Avant même l’annonce de la fermeture des écoles et des universités, jeudi 12 mars, par le Président de la République, certains Français semblent avoir eu peur de manquer. L’institut Nielsen a enregistré une hausse de 10 % des achats de grande consommation la semaine du 2 au 8 mars avec des pics de +21 % sur l’épicerie -dont les pâtes - et +12,3 % sur les produits d’hygiène, dont le papier toilette. Une situation qui alimente la psychose. D’où l’appel au civisme lancé dimanche 15 mars par le ministre de l’Economie. 

"J’appelle les Français à faire preuve de responsabilité et à ne pas se précipiter dans les grandes surfaces ou les commerces de proximité. Continuez à faire vos courses de produits alimentaires et de première nécessité comme avant", a demandé Bruno Le Maire. Le ministre l’assure, "la sécurité d’approvisionnement des Français en produits alimentaires et en produits de première nécessité est aujourd’hui garantie et continuera de l’être dans les semaines à venir. Il n’y aura pas de pénurie", a-t-il martelé. 

Pas de rationnement 

Situation exceptionnelle oblige, tous les acteurs de la filière agroalimentaire, dont les relations sont plus que tendues habituellement, ont signé un communiqué commun attestant de leur union. "Nous, acteurs responsables et unis de l’alimentation des Français, agriculteurs, éleveurs, coopératives, entreprises alimentaires et distributeurs, nous mobilisons pour continuer à fournir aux Français les produits alimentaires nécessaires, dans le contexte de crise du coronavirus qui impacte aussi notre secteur", écrivent la FNSEA, le principal syndicat agricole, la Coopération Agricole, l’ANIA (Association des industries alimentaires) ou encore la FCD représentant les commerçants et distributeurs. 

Aujourd’hui, 90 à 95 % des références sont disponibles dans les rayons, et cela continuera de l’être si les Français ne se ruent pas dans les supermarchés en vue de stocker les produits, a avancé Bruno Le Maire qui explique faire le point deux fois par jour avec les acteurs de la filière. Ces derniers se sont de toute façon préparées à une hausse de la consommation alimentaire. Les écoles étant fermées, les familles doivent davantage faire les courses pour répondre aux besoins de leurs enfants. "J’ai quatre garçons qui mangent beaucoup qui vont maintenant déjeuner à la maison", a sous-entendu le ministre de l’Économie. 

Contrairement à d’autres pays, la France n’envisage pas de recourir au rationnement. En revanche, chaque enseigne sera libre d’organiser ses rayons. Plusieurs d’entre elles ont déjà mis en place des créneaux d’ouverture dédiés uniquement aux personnes de plus de 70 ans, considérés comme les plus fragiles face au virus. Certaines mesures de sécurité sanitaire concernant le personnel travaillant dans les magasins vont être déployées, en fonction là aussi des enseignes. Bruno Le Maire a évoqué pêle-mêle des vitres en plexiglas, la présence de gels hydroalcoolique, la multiplication des vigiles… Les règles de recrutement et de travail de nuit vont également être assouplies pour permettre le réapprovisionnement des rayons pendant la nuit. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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