Publié le 25 octobre 2017

SOCIAL

[Ces startups qui changent le monde] 1083 relance le jean made in France

Elles sont jeunes et elles veulent changer le monde. Chaque jour, de nouvelles startups voient le jour en espérant améliorer notre façon de produire ou de consommer, en traçant mieux les matières premières utilisées, en misant sur l’écoconception ou l’innovation sociale. Chaque semaine, Novethic a décidé d’aller à la rencontre de l’une d’entre elles. Aujourd’hui, nous vous présentons 1083, une marque de jeans (presque) 100 % made in France.

1083 machine jean
20 000 jeans vont être vendus cette année.
1083 - DR

SOMMAIRE

1083, c’est précisément le nombre de kilomètres qui séparent les deux communes les plus éloignées de France, Porspoder dans le Finistère et Menton dans le Var. Entre ces deux villes, Thomas Huriez, le fondateur de la marque, a réussi le pari fou de relancer la filière textile pour fabriquer des jeans à 97% made in France.

Ils sont filés, teints, tissés, confectionnés et délavés dans l’Hexagone, "avec seulement quelques centaines de kilomètres entre chaque étape" précise le trentenaire. Pour l'instant, les rivets et les boutons viennent encore d’Italie mais une relocalisation est en cours. Quant au coton, bio, il provient de Tanzanie, du Mali ou de Turquie.

Impasse sur les intermédiaires

L’histoire a débuté par un retour aux sources en 2007. Alors responsable de l’informatique dans une école de commerce, Thomas Huriez décide de tout lâcher pour ouvrir un magasin de mode éthique dans le village de ses grands-parents, à Romans-sur-Isère (Drôme), autrefois capitale de la chaussure. "Cela répondait à mon envie de donner du sens à mon travail et aussi à mon besoin en tant que consommateur de trouver des produits jolis et cohérents avec mes valeurs."

L’affaire tourne tant bien que mal mais en 2011, tous ses fournisseurs ferment boutique. C’est alors qu’il se lance dans 1083, sans imaginer le succès qui l’attend. Son idée ? Fabriquer des produits à haute valeur ajoutée locale et environnementale et les vendre aux prix des grandes marques - ses jeans sont accessibles à partir de 89 euros - en se passant des intermédiaires et en faisant des économies notables sur le transport. Séduisant sur le papier. Mais en pratique, tout est à (re)construire.

De la science-fiction

"Il a été très difficile de retrouver par exemple des tisseurs qui acceptent de travailler sur des faibles volumes, témoigne Thomas Huriez. Mais nous avons finalement pu relocaliser le tissage et ouvrir 5 à 6 ateliers de confection adaptés à notre production." Autres difficultés : un choix de jeans forcément restreint au départ et des délais de livraison très importants. 

"À une époque, 1 000 clients attendaient leurs jeans contre 300 aujourd’hui. C’est totalement anti-commercial, mais leur patience et leur confiance ont permis à 1083 d’exister", se réjouit le jeune homme. Désormais, 70 % des références sont en stock et cette année, 20 000 jeans vont être vendus. "C’est de la science-fiction par rapport au démarrage. Nous n’imaginions pas à quel point nos valeurs pouvaient faire consensus. Nous pensions qu’elles divisaient alors qu’au contraire elles fédèrent." 

Le coton de demain sera recyclé

En quatre ans, une vingtaine d’emplois directs et cinquante emplois indirects ont été créés. Trois boutiques ont ouvert à Lyon, Nantes et Grenoble. Le chiffre d’affaires de la marque flirte avec les 2 millions d’euros. Et pour aller plus loin, 1083 travaille sur le coton local "de demain" avec des premières applications concrètes. Un jean pour enfants, fabriqué à partir de matière recyclée, sortira ainsi mi-novembre et sera proposé à la location afin de s’inscrire également dans l’économie de la fonctionnalité.

Et ça ne s’arrête pas là. Thomas Huriez voit grand. Il vient de racheter l’usine Charles Jourdan, mythique à Romans, pour la transformer en grand atelier ouvert au public et en "centre commercial vertueux" avec des marques qui partagent les mêmes valeurs que lui. Mais pas question pour autant de stigmatiser les grandes enseignes. Il en est convaincu, pour avancer, il faut travailler main dans la main.

"Le marché appelle à devenir plus responsable. Demain ce sera inassumable d’utiliser des pesticides pour fabriquer nos vêtements tout comme l’est le travail des enfants aujourd’hui", explique le fondateur. En attendant, il entend continuer à étendre son marché alors que 88 millions de jeans sont vendus chaque année en France. La route est encore longue.      

Concepcion Alvarez @conce1


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