Publié le 12 mars 2018

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Amazon, bientôt une banque comme les autres

Amazon souhaite désormais offrir des comptes bancaires à ses clients. Une diversification attendue depuis déjà quelques mois et qui a de quoi inquiéter les banques traditionnelles américaines. La capitalisation du géant est supérieure à celles combinées des deux premières banques du pays. Allant de l’argent à la distribution, la firme de Seattle va proposer un écosystème entièrement fermé à ses clients.

Jeff Bezos, fondateur et PDG de Amazon, est l'homme le plus riche de la planète en 2018 selon Forbes.
@Amazon

Les grands du numérique, et en particulier les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), ont depuis longtemps franchi la frontière de leur activité d’origine. Google est bien plus qu’un moteur de recherche, Apple n’est pas qu’un fabricant d’ordinateurs, Facebook va bien au-delà du réseau social éponyme. Mais de tous, c’est Amazon qui avance le plus loin de son activité originelle : le commerce électronique de livres.

Selon des informations du Wall Street Journal, le géant de Seattle est en discussion avec JP Morgan pour offrir des services bancaires. Une annonce qui fait trembler les banques outre-Atlantique. "Avec des millions de clients, des mines de données, l'accès à des capitaux bon marché et une marge de manœuvre apparemment illimitée de la part de ses investisseurs pour pénétrer de nouvelles entreprises, Amazon est un concurrent redoutable. Sa valeur de marché de plus de 700 milliards de dollars éclipse la valeur combinée de JPMorgan et Bank of America Corp, les deux plus grandes banques américaines", écrit le quotidien américain.

Des frais bancaires moins élevés

Toutefois, le groupe de Jeff Bezos - homme le plus riche du monde selon le dernier classement Forbes -  n’a pas décidé de débouler comme un chien dans un jeu de quilles. Il veut d'abord s’allier à un grand nom du secteur avant de se lancer dans l’aventure en nom propre. Une sécurité indispensable car le secteur bancaire américain est très réglementé et difficile d’accès. Dans les années 2000, le premier distributeur mondial Walmart avait tenté l’aventure d’obtenir un agrément bancaire avant de jeter de l’éponge. En 2007, les porte-paroles assuraient même que plus jamais l’entreprise ne tenterait cette aventure.

L’offre bancaire que veut développer Amazon serait destiné avant tout aux plus jeunes et à ceux qui n’ont pas de compte bancaire. L’utilisation de ce compte permettrait de diminuer les frais bancaires prélevés par les banques pour les achats en ligne chez Amazon. Les utilisateurs pourront aussi retirer de l’argent directement depuis les distributeurs ATM. Le groupe ne part pas de zéro puisqu’il émet déjà depuis 2002 des cartes de crédit, en partenariat avec JP Morgan.

Amazon va ainsi pouvoir boucler la boucle, en gardant ses clients dans un écosystème clos. En début de chaîne, il lui fournit une banque. Avec cette banque, les clients ont des réduction de taxes pour s’équiper chez Amazon en alimentation, biens culturels, voyages, téléphonie, vêtements… Enfin, Amazon va finir pas distribuer lui-même les commandes. La compagnie va en effet renforcer ses services de livraison, avec pour objectif de concurrencer Fedex et UPS.

Santé et alimentaire

Cette offensive d’Amazon sur le secteur bancaire suit une autre initiative inédite dans la santé, annoncée en janvier denier. Amazon, associé à JP Morgan Chase et Berkshire Hathaway (groupe de Warren Buffet), assure se soucier des coûts des soins de santé qui explosent aux États-Unis tandis que le système Obamacare peine à se stabiliser. Les trois entreprises ont créé une structure à but lucratif pour offrir une assurance-santé au million de salariés que comptent les trois entités.

Amazon vient aussi d’annoncer le lancement d’une nouvelle offre dans l’alimentaire frais en France. L’Américain a signé un accord avec le groupe Système U. Les utilisateurs de la marque numérique pourront passer des commandes de produits frais en ligne et seront livrés dans des casiers réfrigérés installés en magasin. Serge Papin parle d’une opportunité pour accroître la fréquentation de ses propres établissements.

Ludovic Dupin, @LudovicDupin


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