Publié le 21 octobre 2018

SOCIAL

[Chiffre] 20 % du gaspillage alimentaire est dû aux dates de péremption

Les consommateurs ne font plus appel à leur bon sens. Ils sont "piégés" par les dates de péremption dont ils comprennent mal les limites. Ainsi, ces indications sont responsables de 20 % du gaspillage alimentaire par foyer. L'association Too Good To Go milite pour une reformulation plus claire de ces dates. Elle est soutenue par Carrefour qui va lancer une expérimentation sur ses marques propres. 

10 millions de tonnes d'aliments sont jetés chaque année en France.
Istock

Les dates de péremption sont responsables de 20 % du gaspillage alimentaire dans les foyers. Une hérésie pour la startup Too Good To Go qui a lancé la pétition #ChangeTaDate, relayée par Carrefour. "Les citoyens comprennent mal les dates de péremption", explique Elsa Canot, directrice Marketing de l’association anti-gaspillage.

"Il y a d’abord les dates limites de consommation, les DLC, formulées par 'à consommer jusqu’au'. Et là vous ne devez pas consommer le produit après la date indiquée car il y a un risque sur la santé. Ensuite il y a les dates de durabilité minimale (DDM) traduites par 'à consommer de préférence avant le'. Le produit perd certaines vertus, mais il est toujours consommable", assure Elsa Canot.

Reformuler les dates de péremption

Peu de consommateurs connaissent la différence entre ces deux notions. Ils jettent donc à la poubelle des produits encore consommables. Afin de clarifier ces formulations, Too good to go, qui a réuni les acteurs de la chaîne alimentation, demande de changer leur sémantique.

"Cela pourrait être 'à consommer de préférence avant le … mais pas impérativement' ou 'à consommer de préférence avant le … parce que c’est meilleur avant", explique Elsa Canot. L'association a réuni plusieurs distributeurs, producteurs et industriels lors d'une table ronde le 11 octobre. Elle espère trouver une harmonisation par filière car il y a évidemment des spécificités entre la viande, denrée sensible et les pâtes par exemple.

"Si cela évite le gaspillage, ça va dans le bon sens", estime David Garbous, directeur marketing de Fleury Michon. "Mais attention à bien faire la distinction avec des produits plus à risque comme la charcuterie. On ne peut pas transiger sur cette date, il y a un risque sanitaire". 

Le consommateur ne fait plus appel à son bon sens 

Carrefour, qui, en 2014, avait décidé de supprimer les dates de consommation de plus de 500 produits de sa marque comme le sel ou le vinaigre, soutient Too Good To Go dans sa démarche. Le distributeur va donc lancer une phase de test sur ses emballages avec les nouvelles formules proposées par l’association. À terme, l’association aimerait calquer la formule britannique, "best before" soit "meilleur avant".

"Le consommateur est tellement conditionné par ces dates qu’il finit par être piégé et ne fait plus appel au bon sens pour savoir si un produit est périmé ou pas", estime Jean-Charles Catteau, consultant indépendant. Obligatoires depuis 1984, ces dates ont été affichées pour lutter contre les intoxications alimentaires.

Une étiquette pour écrire la date d'ouverture 

L’objectif pour Too Good To Go est d'écrire une "feuille de route" pour le gouvernement qui doit, dans le cadre de la loi Alimentation votée dernièrement, publier un rapport dans un an sur l'harmonisation de ces dates.

Une autre piste de réflexion est portée par l’association Familles rurales. "Qui se souvient de quand il a ouvert son pot de sauce tomate avant de le mettre au frigo ?", interroge Anne Legentil, membre de l’association qui milite pour que les industriels "laissent un espace sur l'étiquette pour que le consommateur y écrive" la date d'ouverture du produit.

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP


© 2019 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

SOCIAL

Consommation

Produits verts, bio, issus du commerce équitable ou made in France….les marques multiplient les produits vendus comme écologiques, durables et responsables et les consommateurs prennent conscience de l’impact de leur choix sur l’environnement. Ces nouvelles pratiques de consommation doivent reposer sur des labels crédibles.

Black friday surconsommation istock

Green Friday vs Black Friday : le combat de David contre Goliath

Face au Black Friday, symbole de la surconsommation qui se déroule ce vendredi 29 novembre, 550 marques s'engagent à boycotter l'événement autour du collectif Make Friday Green Again. Si l'initiative est louable, elle fait difficilement le poids face à la puissance de feu de géants comme Amazon qui...

Collage 01

[À l’origine] L’obsolescence programmée inventée en 1932 pour lutter contre le chômage de masse

Et si l'obsolescence programmée partait d'une bonne intention ? En 1932 le promoteur immobilier Bernard London publie un ouvrage dans lequel il défend l'idée de réduire la durée de vie des objectifs pour sortir de la crise économique dans lequel le pays est enlisé depuis le krach boursier de 1929....

Honte de consommer vetement

Après le flygskam, la honte de prendre l’avion, voici le Köpskam, la honte de consommer

C'est une nouvelle tendance qui nous vient encore une fois de Suède. Après le flygskam, ce sentiment de honte de prendre l'avion pour des raisons écologiques et qui a fait chuter momentanément le trafic aérien suédois, voici le köpskam, la honte d'acheter. Un néologisme qui émerge peu à peu dans la...

Carte cadeau responsable livre

[Bonne nouvelle] Ethi'Kdo, une carte cadeau avec des enseignes 100 % écologiques et solidaires

Vous manquez d'air à l'idée de choisir les cadeaux pour vos proches à Noël ? Ethi'Kdo pourrait bien vous soulager. Cette coopérative vient de lancer une carte cadeau avec des acteurs de la consommation responsable. Label Emmaüs, Rejoué, 1083, WeDressFair... cette carte ne propose que des enseignes...