Publié le 30 mars 2020

SOCIAL

Coronavirus : le maigre salaire de ceux qui se battent pour nous

Infirmières, conducteurs de bus, policiers, caissières…. Tous ces salariés touchent généralement moins que le salaire moyen en France. Pourtant, ce sont eux qui aujourd’hui se rendent au travail malgré le confinement pour assurer la continuité des activités vitales du pays. La crise du coronavirus met encore plus en lumière la question des inégalités salariales.

Macron Samu LudovicMarin AFP Pool
Emmanuel Macron a rencontré le personnel de l'hôpital Necker le 10 mars.
LudovicMarin/AFP/Pool

Alors que l’économie française, à l’instar de celle du monde, se met presque à l’arrêt, le gouvernement appelle les salariés des services vitaux à rester au travail pour maintenir une activité minimum, entre autres pour nourrir et soigner les Français. La ministre du Travail Muriel Pénicaud, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et le Président de la République ont tous trois insisté sur cette nécessité, rendant parfois le message un peu contradictoire avec l’exigence de confinement.

Aujourd’hui parmi ceux qui se rendent au travail, on trouve des professions surexposées au risque de contagion mais dont l’activité est indispensable à la continuité de la vie économique et sociale de la nation. Or, selon les données compilées par Statista, une large partie de ces métiers font partie des moins bien payés du pays. Ainsi, alors que le salaire brut moyen s’établit à 3 021 euros par mois en France, celui des infirmières est à 2 752 euros, des éboueurs à 2 372 euros, des agents de caisse à 2 034 euros, des policiers municipaux à 1 924 euros.

Salaire statista

Avant la crise du coronavirus, de fortes tensions sociales planaient déjà sur le pays avec le mouvement des gilets jaunes ou la crise de l’hôpital. Elles mettaient déjà en avant la question des disparités salariales entre métiers, parfois sans aucune mesure avec leur utilité sociale. Une fois la crise sanitaire passée, ce malaise risque de resurgir avec encore plus de force. C’est pourquoi le gouvernement tâche d’anticiper l’après.

Dans son discours du 25 mars depuis l’hôpital de campagne de Mulhouse, Emmanuel Macron a annoncé qu’"à l’issue de cette crise, un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera construit pour notre hôpital". Un message bien entendu par les soignants qui seront attentifs. "Ce sont les manifestations de soutien des Français qui ont décidé le président à s'intéresser à nous. On a entendu des mots, on attend les actes", prévient Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI CFE-CGC), interrogé sur Franceinfo.

Respect et récompense

Dans l’immédiat, c’est Bruno Le Maire qui appelle les entreprises à verser une prime exceptionnelle, de 1000 euros ou plus, à ceux qui se rendent encore au travail. Interrogé sur BFMTV le 30 mars, le ministre de l’Economie explique : "Je suis favorable à ce qu’on récompense par notre respect et notre considération, mais aussi sous forme salariale et monétaire tous ceux qui nous permettent de vivre dignement". De là, il cite les infirmiers, urgentistes, médecins, caissières, éboueurs, routiers, agriculteurs, salariés de l’agroalimentaire, agent de la Poste et des banques.

Plusieurs groupes, principalement dans la grande distribution, se sont déjà engagés à verser cette "prime Macron", comme Auchan, Les Mousquetaires, Système U. Hors de ce secteur, on trouve aussi des engagements pris par Coca-Cola, Total, Danone.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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