Publié le 11 mai 2017

SOCIAL

43,1 % des emplois en France pourraient être automatisés

Selon une étude de McKinsey, entre 40 et 55 % des emplois pourraient être automatisés dans les 46 premières économies mondiales. La France, peu industrialisée, est plutôt en bas de l’échelle avec 43,1 %. Là où le Japon est en première position avec 55,7 %. 

40 à 55 % des emplois dans le monde pourraient être automatisés.
DR

Plus de 40 % des emplois en France pourraient être touchés par l’automatisation d’ici la seconde moitié du 21e siècle, selon une étude de trois analystes de McKinsey. Publié dans la Harvard Business Review, leur travail a porté sur 46 pays représentant 80 % de la main d’œuvre dans le monde. En moyenne, le potentiel d’automatisation va de 40 à 55 %. Sans surprise, le taux le plus élevé se retrouve au Japon avec 55,7 %. Le taux le plus faible est en Afrique du Sud avec 41 %.

 

 

 "Au total, 1,2 milliard d’emplois équivalents temps plein (…) sont automatisables avec les technologies actuelles", expliquent les auteurs. En revanche, le gain de productivité équivaudra, en 2065, au travail de 1,1 milliard à 2,2 milliards de personnes remplacées par des robots, dans les plus grandes économies du monde (G19 + Nigéria). Des chiffres qui donnent le vertige !

  

Un accroissement significatif du PIB

  

Les auteurs ont également calculé l’impact de cette nouvelle force de travail sur l’économie mondiale. Selon eux, elle pourrait améliorer la croissance du PIB de 0,8 à 1,4 % par an, "en supposant que les personnes remplacées par l'automatisation rejoignent la main-d'œuvre et restent aussi productives qu'elles l'étaient en 2014", tempèrent les trois analystes.

Le rythme d’adoption de l’automatisation va varier d’un pays à l’autre. La faisabilité technique, le mix d’emplois (industries versus services), l’acceptabilité sociale ne sont que des critères parmi d’autres. Les auteurs insistent particulièrement sur la capacité économique des États à la mettre en place.

"Certaines solutions matérielles nécessitent des dépenses importantes et pourraient être adoptées plus rapidement dans les économies avancées que dans les émergentes ayant des niveaux de salaire plus faibles", écrivent-ils. "En revanche, les solutions logicielles pourraient être adoptées rapidement dans le monde, en particulier celles déployées à travers le cloud, réduisant ainsi le décalage dans le temps (entre les différentes économies)", précisent-ils.

 

Une opportunité pour les pays matures

  

En conclusion, les analystes de McKinsey distinguent trois profils de pays face à l’automatisation. D’une part, il y a les économies avancées (Australie, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Corée du Sud, Royaume-Uni et États-Unis) qui, faisant face à une population vieillissante, vont bénéficier de la productivité de l’automatisation pour atteindre leurs objectifs de croissance économique.

D’autre part, il y a les pays émergents avec une population vieillissante (Argentine, Brésil, Chine and Russie) qui vont pouvoir utiliser l’automatisation pour maintenir leur croissance actuelle. Enfin, viennent les économies émergentes avec une population jeune (Inde, Indonésie, Mexique, Nigeria, Arabie Saoudite, Afrique du Sud et Turquie). Dans leur cas, l’automatisation seule n’est pas suffisante pour assurer leur besoin de croissance. Il faudra la compléter par une amélioration de la productivité du travail.

 

2 millions d'emplois détruits en 2020

 
Cette nouvelle étude présente des taux particulièrement élevés d’automatisation. Ceci étant dû au fait qu’elle se porte loin dans le temps. D’autres travaux mesurent déjà des effets à court terme. En 2016, un rapport présenté lors du Forum économique de Davos évoquait le fait que les nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, pourrait détruire 7,1 millions d’emplois et en créer 2 millions, soit une perte nette de 5,1 millions d’ici 2020.

Le 10 janvier 2017, le Conseil d’orientation pour l’emploi a adopté le premier tome d’un rapport intitulé "Automatisation, numérisation et emploi". Dans leurs estimations, les auteurs jugeaient que "moins de 10% des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence dans un contexte d’automatisation" mais que "la moitié des emplois existants pourrait voir son contenu notablement ou profondément transformé".

 

Taxer les robots



Pendant la campagne présidentielle française de 2017, seul le candidat socialiste Benoît Hamon a porté ce sujet de l’impact de l’automatisation sur l’emploi. Il mettait en avant une étude de l’OCDE qui explique qu’à court terme 9 % des emplois pourraient pâtir de la révolution numérique. Pour faire face au coût social de cette menace, le candidat socialiste imaginait la création d’une taxe robot.

En février 2017, le parlement Européen avait adopté un texte définissant un cadre juridique sur les robots mais avait rejeté la création d’une taxe sur ces derniers afin de ne pas pénaliser l’industrie du Vieux Continent.

 

 

Ludovic Dupin
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