Publié le 07 mars 2018

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

La justice annule la création du centre commercial géant Europacity, les promoteurs y croient encore

Europacity, le projet de centre commercial à 3,1 milliards d'euros porté par Immochan, pourrait bien ne pas voir le jour. Saisie par des associations de défense de l'environnement, la justice a estimé qu'il y avait des lacunes dans l'étude d'impact. Les promoteurs assurent que la construction du mégacomplexe de 280 hectares est simplement reportée.

Le complexe Europacity doit s'étendre sur 280 hectares dans le nord de Paris.
Europacity

Un nouvel accroc pour Europacity, "pas un coup d'arrêt" veulent croire ses promoteurs : la justice administrative a annulé, mardi 6 mars, la création de la zone d'aménagement dite du "triangle de Gonesse" devant accueillir ce mégacomplexe de commerces et de loisirs au nord de Paris.

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise avait été saisi par plusieurs associations de défense de l'environnement qui refusent la bétonisation de 280 hectares de terres agricoles dans le Val-d'Oise, entre les aéroports franciliens de Roissy et du Bourget.

C'est là qu'Immochan, filiale immobilière du groupe Auchan, et le conglomérat chinois Wanda prévoient d'implanter Europacity sur 80 hectares : un parc de commerces et de loisirs capable de drainer 31 millions de visiteurs (gratuits et payants) par an selon leurs promoteurs. S'il se maintenait, ce projet estimé à 3,1 milliards d'euros constituerait le plus grand investissement privé en France depuis la construction de Disneyland Paris en 1992.

Pour la première fois depuis le début de la contestation, la justice administrative a donné raison aux opposants : elle a annulé l'arrêté préfectoral du 21 septembre 2016 créant la zone d'aménagement concerté (ZAC) du triangle de Gonesse, portée par l'aménageur Grand Paris Aménagement.

Des lacunes dans l'étude d'impact

Le tribunal a estimé que l'étude d'impact présentée au printemps 2016 lors de l'enquête publique sur la création de cette ZAC comportait des lacunes, "ainsi que l'avait d'ailleurs relevé l'autorité environnementale dans son avis du 2 mars 2016", écrit-il dans un communiqué.

Dans son jugement, le tribunal souligne notamment que les analyses étaient "très insuffisantes" concernant "la question des émissions de CO2 induites par les déplacements de touristes par déplacements terrestres ou aériens, eu égard à la proximité de l'aéroport et dans la perspective de la création d'Europacity".

"Eu égard à l'importance de l'impact potentiel sur l'environnement", souligne encore le tribunal, "les insuffisances de l'étude d'impact ont nécessairement, par leur importance et leur cumul, été de nature à nuire à l'information complète de la population et à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative".

Une construction en 2027

Contacté par l'AFP, le directeur du développement d'Europacity, David Lebon, a déclaré que cette décision ne portait "pas un coup d'arrêt" au projet. Les promoteurs avaient déjà intégré depuis fin février qu'Europacity ne pourrait pas ouvrir comme espéré en 2024, quand Paris accueillera les jeux Olympiques.

Alors qu'ils ont toujours lié le projet à la présence d'une gare du Grand Paris Express desservant le triangle de Gonesse - gage d'un accès au site respectueux de l'environnement - le gouvernement a décidé le 22 février d'en reporter la construction de trois ans, à 2027.

Pour David Lebon, ce nouveau calendrier "laisse du temps pour améliorer les choses". L'annulation de l'arrêté est une "étape administrative" pour Europacity, qui a tweeté que cela "n'impacte pas la volonté des actionnaires de réaliser ce projet d'intérêt national créateur de plus de 10 000 emplois".

La Rédaction avec AFP


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