Publié le 07 avril 2018

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Facebook annonce des mesures pour éviter de futures manipulations politiques

En pleine tourmente, Facebook a promis de nouvelles mesures pour lutter contre la manipulation politique. Ces promesses sont faites à quelques jours de l'audition de son patron Mark Zuckerberg par les parlementaires américains, très remontés contre le réseau social.

Mark zuckerberg Facebook
Depuis, le début du scandale Cambridge Analytica, la société de Mark Zuckerberg, Facebook, a perdu 80 milliards de dollars de capitalisation.
@Facebook

Face à une accumulation de polémiques, Facebook multiplie ces derniers jours les excuses sur ses "erreurs passées" et les promesses de faire mieux, une manière de préparer le terrain aux questions de plusieurs commissions du Congrès prévues mardi 10 et mercredi 11 avril à Washington.

Sénateurs et représentants souhaitent lui demander des comptes sur la lutte contre la manipulation politique mais aussi sur le retentissant scandale concernant la fuite de données personnelles vers la firme Cambridge Analytica, qui a mis la main sur les informations de plusieurs dizaines de millions de membres, jusqu'à 87 millions selon le réseau social, à leur insu. Jusqu’à 2,7 millions d’Européens seraient concernés.

Après une série de prises de parole sur la question des données privées, Facebook a annoncé vendredi 6 avril des mesures sur la manipulation politique, qui se répand souvent sur le réseau via des annonces publicitaires électorales ou politiques ou au travers de "Pages", consacrées à des entreprises, organisations, marques, personnalités ou causes et auxquelles on peut s'abonner.

Des élections importantes à venir

"À l'approche d'élections importantes aux États-Unis, au Mexique, au Brésil, en Inde, au Pakistan (...), une de mes priorités pour 2018 est de m'assurer que nous soutenons un débat positif et parons aux ingérences dans ces élections", a écrit Mark Zuckerberg sur sa propre page, qui est suivie par plus de 100 millions de personnes.

"À partir de maintenant, chaque annonceur qui veut passer une annonce politique ou abordant un sujet important devra être vérifié. Pour être vérifié, les annonceurs devront confirmer leur identité et leur localisation", a poursuivi le jeune milliardaire.

Le groupe dit travailler "avec des organisations extérieures" à une "liste" de "sujets" importants et polémiques répondant à cette définition. Il a aussi annoncé "embaucher des milliers de personnes supplémentaires" pour mettre en œuvre ces différentes mesures, promises pour être déployées immédiatement pour certaines, progressivement pour d'autres, mais à temps pour les échéances électorales de 2018, en novembre.

Facebook avait déjà annoncé en octobre son intention d'authentifier les annonceurs passant des messages électoraux, c'est-à-dire, évoquant directement un candidat et diffusées peu avant un scrutin, selon la définition aux États-Unis. Le groupe dit cette fois aller plus loin en étendant ces vérifications aux annonceurs de messages abordant des sujets politiques importants.

Une campagne anti-Moscou

En outre, les messages à caractère politique seront signalés comme tels sur le réseau, qui indiquera aussi qui les a financés.

Facebook va aussi soumettre aux mêmes vérifications les administrateurs de Pages Facebook "ayant un grand nombre" d'abonnés, pour limiter l'utilisation de faux comptes, soupçonnés d'avoir été utilisés pour une vaste opération de désinformation lancée depuis la Russie pour déstabiliser la présidentielle de 2016 et favoriser l'élection de Donald Trump. Des affirmations niées par le Kremlin.

Mardi 3 avril, Mark Zuckerberg avait déjà annoncé la suppression de 270 pages et comptes Facebook et Instagram gérés par la société russe Internet Research Agency (IRA), que le renseignement américain accuse d'être un faux-nez de Moscou.

La Rédaction avec AFP


© 2019 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Entreprises controversées

Quand elles commettent des violations graves et répétées de conventions internationales, les entreprises sont dites controversées. Cela signifie qu’elles peuvent être mises sur des listes noires d’investisseurs et attaquées par des ONG sous des formes diverses.

Monsanto condamnee apres l intoxication de l agriculteur paul francois au dehserbant lasso pixabay

Monsanto condamnée après l’intoxication de l’agriculteur Paul François

Rien ne va plus pour Monsanto. La firme vient de perdre sa troisième bataille judiciaire contre Paul François, un agriculteur qui l'accuse d'être responsable de son intoxication au Lasso, un désherbant désormais interdit en France. L'entreprise, récemment rachetée par Bayer, est la cible de milliers...

Pesticide glyphosate palmares

Glyphosate : nouveau revers pour Monsanto, condamné pour le cancer d’un agriculteur américain

C’est un nouveau revers et peut-être le procès de trop, que Monsanto vient de perdre. L’entreprise, rachetée par Bayer, a été reconnue coupable, par un jury fédéral américain, du cancer d’un agriculteur retraité attribué au Roundup, le désherbant phare de Monsanto, et dont le principe actif est le...

Europacity

Europacity : le tribunal annule le plan local d’urbanisme et prend la défense des terres fertiles

Nouveau rebondissement dans le projet de méga-complexe Europacity au nord de Paris. Le tribunal administratif de Pontoise a annulé le plan local d’urbanisme (PLU) de la ville de Gonesse. Il a estimé que cette urbanisation mettait en péril des terres particulièrement fertiles. L’État et la commune...

Illustrative Image main ferrari 7

Le monde de la F1 voit revenir les cigarettiers, sous l’œil inquiet des autorités sanitaires

Il y a plus de dix ans, les cigarettiers, immenses pourvoyeurs de moyens financiers, ont été chassés du monde de la Formule 1. Mais depuis quelques mois, Philip Morris (avec Ferrari) et British American Tobacco (avec McLaren) retrouvent les pistes. Pas directement, mais à travers un programme...