Publié le 26 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

La Grande barrière de corail échappe à son inscription dans les sites "en péril" de l’UNESCO

La Grande barrière de corail ne sera pas inscrite sur la liste des sites "en péril" du patrimoine mondial de l'Unesco, malgré les recommandations des experts. Par crainte de perdre les milliers de touristes, l'Australie a fait campagne auprès des membres du Comité réunis en Chine fin juillet pour faire valoir son engagement pour la protection du récif. 

IStock @vlad61 Grande barrière de corail
La Grande Barrière a été inscrite en 1981 au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Istock/ @Vlad61

L'Australie y a échappé in extremis. Le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco réuni en Chine fin juillet a décidé de reporter la décision de ranger la Grande barrière de corail sur la liste des sites "en péril" du fait de sa détérioration. Cette décision va à l'encontre de l'avis déposé en juin par l'agence des Nations unies. Les experts et les organismes consultatifs accusaient le pays de ne pas avoir atteint ses objectifs en terme de qualité de l'eau et pointaient du doigt un mauvais bilan en matière climatique. Des scientifiques, politiques et activistes du monde entier ont soutenu cette décision.

Les membres du Comité, dont la Chine, la Russie ou l'Arabie saoudite, ont cependant estimé que l'Australie devait se voir donner plus de temps pour faire le point sur ses efforts de conservation. Une décision qui a ravi le gouvernement du pays. "J'aimerais remercier sincèrement les éminents délégués pour avoir reconnu l'engagement de l'Australie envers la protection de la Grande Barrière de corail", a déclaré au Comité la ministre australienne de l'Environnement, Sussan Ley, selon un communiqué.

Le fruit d'un intense lobbying 

L’Australie redoutait que cela n'entame l'attrait touristique du récif qui génère 4,8 milliards de dollars de revenus par an. Pour tenter de contrer la décision, la ministre s'était rendue à Paris plus tôt en juillet pour faire campagne auprès des pays siégeant au Comité. Canberra était allé jusqu'à emmener des ambassadeurs plonger sur la Grande Barrière. En 2015, l'Australie avait déjà obtenu un sursis au terme d'une campagne de lobbying similaire et en promettant des milliards de dollars d'investissements pour protéger les récifs.

Mais depuis, les récifs ont durement souffert du fait de trois épisodes très graves de blanchissement des coraux : un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l'eau qui entraîne l'expulsion des algues qui donnent au corail sa couleur vive.  Les scientifiques du gouvernement australien ont affirmé que de nombreux récifs montraient des signes de rétablissement ces derniers temps, tout en reconnaissant que les perspectives d'avenir pour l'ensemble corallien étaient très mauvaises.

De nouveaux sites inscrits au Patrimoine mondial

L'Australie n’a pas été la seule à contourner in extremis la menace. Venise et Budapest ont elles aussi été à deux doigts d’être intégrées dans les sites en péril. Le parc de Selous en Tanzanie a quant à lui échappé au retrait pur et simple de la Liste, en raison des menaces qui pèsent sur ses écosystèmes. Un sursis que n'a pas eu la ville anglaise de Liverpool qui a été rayée du Patrimoine mondial du fait du surdéveloppement de son port, accusé d'avoir "endommagé de manière irréversible" son authenticité. Un évènement rarissime, qui n’a eu lieu que trois fois.

De nouveaux sites ont en revanche fait leur entrée : c’est le cas de onze grandes villes d’eau en Europe dont Vichy en France, Spa en Belgique, ou Bath au Royaume-Uni. Le phare de Cordouan dans l'Hexagone, situé entre l’océan Atlantique et l’estuaire de la Gironde, ou les cycles de fresques du XIVe siècle à Padoue, en Italie, se sont ajoutés au palmarès. En dehors de l’Europe, l’aire culturelle d’Ḥimā à l’ouest de l’Arabie saoudite a elle aussi été intégrée en l'honneur de ses représentations d’art rupestre.

Pauline Fricot, @PaulineFricot avec AFP


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