Publié le 30 octobre 2020

ENVIRONNEMENT

[Bonne Nouvelle] Avec le reconfinement, le retour du silence

Chacun d’entre nous a pu expérimenter le calme et de nouveaux bruits venus de la nature durant le premier confinement au printemps dernier. Mais ce n’était pas qu’un ressenti. Une vaste étude menée à travers le monde a montré que le "bruit sismique" a baissé de 50 % pendant plusieurs mois à la faveur de la mise à l’arrêt des activités humaines. Cette mise à l'arrêt en France et en Europe devrait permettre de le revivre un peu. 

Silence animaux ville confinement covid AntoninBurat HansLucas AFP
Quatre milliards d'êtres humains ont été confinés au plus fort de l'épidémie.
@AntoninButat/Ha,sMucas/AFP

[Mis à jour le 30 octobre] Les habitants des grandes villes l’ont expérimenté subitement. Dès les jours qui ont suivi l'annonce du premier confinement en mars dernier, les bruits de la nature sont réapparus au cœur du béton. Plusieurs espèces d’oiseaux et même quelques animaux terrestres se sont aventurés plus près des centres urbains, durant les quelques semaines où les humains se sont tus. Il faut dire, qu’à Paris, par exemple, le volume sonore a été divisé d’un facteur 10 le jour et jusqu’à un facteur 5 la nuit dans certains quartiers, selon les données de Bruitparif. Dans une moindre mesure, ce silence pourrait réapparaitre en novembre. 

Bruit paris

"Durant la période de confinement, nombreux sont les Franciliens à avoir pu faire une expérience sensorielle inédite sur le plan sonore, du fait du calme inhabituel qui s’est installé sur toute la région", expliquait en août l’agence dans un rapport. "La baisse des niveaux s’est en effet accompagnée d’une réorganisation complète de la hiérarchie de la perception des sonorités, de certains sons agréables comme le chant des oiseaux ou le bruissement des feuilles dans les arbres, d’habitude masqués par le bruit relativement incessant des transports ou des activités humaines".

Dans les villes, les forêts, les déserts…

Ce ressenti est loin d’avoir concerné les seuls Français ou les urbains. Selon une étude sismique menée par l’observatoire Royal de Belgique et l’Imperial College of London et publiée dans Science, durant la période de confinement, le monde est devenu silencieux. Un phénomène qui a pu être ressenti dans le cœur des mégapoles comme Singapour ou New York, au cœur de la forêt noire allemande ou dans les déserts de Namibie.

"Vous pouvez presque le voir comme une vague. Vous pouvez voir l’apaisement sismique s’étendre dans le temps, en commençant en Chine fin janvier, puis en Italie et au-delà en mars et avril", explique Stephen Hicks, sismologue britannique, l’un des auteurs de l’étude cité par The Guardian. Les résultats reposent sur les données enregistrées par 268 capteurs sismiques dans 117 pays. Dans 185 d'entre eux, une baisse importante des vibrations dues aux activités humaines a été enregistrée.

Un épisode connu sous le nom d’anthropause

Selon les chercheurs , le confinement total ou partiel d’environ quatre milliards d’êtres humains et conséquemment l’arrêt des transports, des chantiers, des usines, a "mené à une réduction du bruit sismique jusqu'à 50 % sur plusieurs mois". "La période de silence sismique de 2020 est la plus longue et la plus importante réduction du bruit sismique anthropique mondiale jamais enregistrée", depuis que de telles données existent dans les années 1970. Plusieurs experts définissent ce moment sous le nom d’anthropause et il a permis de mieux mesurer notre rapport à la nature et à la planète.

L’effet le plus visible a été le retour des animaux aux abords des villes. Mais si les biologistes se sont régalés, les sismologues aussi. En effet, la disparition de ce bruit de fond humain présent sur toute la planète a permis d’entendre les microséismes que la Terre produit au niveau de failles, de volcans, de plaques. Ils ont pu enregistrer finement ces empreintes pour mieux les identifier au milieu de l’activité humaine, qui a déjà massivement repris selon les mêmes données.

Ludovic Dupin, @LudovicDupin


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Pollution

Fleuves impropres à la consommation, terres stériles, produits toxiques déversés massivement, la liste des pollutions de toutes natures est longue. Les initiatives visant à les réduire se font plus nombreuses mais elles restent très inférieures aux besoins.

Silence animaux ville confinement covid AntoninBurat HansLucas AFP

[Bonne Nouvelle] Avec le reconfinement, le retour du silence

Chacun d’entre nous a pu expérimenter le calme et de nouveaux bruits venus de la nature durant le premier confinement au printemps dernier. Mais ce n’était pas qu’un ressenti. Une vaste étude menée à travers le monde a montré que le "bruit sismique" a baissé de 50 % pendant plusieurs mois à la...

Embouteillage pollution voiture

En France, la pollution de l’air coûterait 1 000 euros par habitant et par an

Si vous êtes Parisien, la pollution de l'air vous coûte cher : 1 602 euros par an. À Lyon, comptez 1 134 euros et à Nice, 1 128 euros. C'est ce qu'a calculé l'Alliance européenne de santé publique dans une nouvelle étude. Des montants élevés qui répondent aux coûts socio-économiques de cette...

Unilever Rotterdam iStock Poulssen

Unilever va consacrer 1 milliard de dollars pour supprimer les fossiles de ses produits d’entretien

Depuis quelques mois Unilever multiplie les annonces liées à la réduction de son empreinte environnementale. Après avoir annoncé 1 milliard de dollars pour des projets liés à la biodiversité, le géant de la grande consommation assure qu’il va consacrer un autre milliard à l’élimination des dérivés...

Uber congestion pollution climat TE

Uber chasse les véhicules diesel de son parc et prend le chemin de la neutralité carbone

Uber veut faire sa "révolution électrique". Dès 2024, plus aucun véhicule diesel ne roulera pour la plateforme en France. Pour cela, le groupe prévoit un fonds de 75 millions d'euros sur cinq ans, dont la moitié sera payée par les usagers, pour aider financièrement les chauffeurs à acheter une...