Publié le 11 mai 2018

ENVIRONNEMENT

Tourisme de masse : voyage au pays de la pollution

Le tourisme représente presque un dixième des émissions de gaz à effet de serre mondiales. C'est la conclusion d'une nouvelle étude publiée le 7 mai. Les chercheurs ont pris en compte le transport, l'hébergement et la nourriture. Résultat : chaque année, le tourisme émet 3,9 milliards de tonnes de CO2. 

Une nouvelle étude prend en compte le coût global du cycle de vie du tourisme.
Pixabay

C'est une nouvelle étude choc que viennent de publier des chercheurs de multiples nationalités lundi 7 mai dans la revue Nature Climate Change. Selon leurs estimations, le tourisme représente désormais 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondiale. Jusqu'ici, l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) estimait à 5 % ces émissions, soit 1,3 milliard de tonnes de CO2 par an. Contre 3,9 milliards calculés aujourd'hui.

Les Américains les plus pollueurs 

Pourquoi une telle différence ? D'abord parce que le tourisme s'est considérablement développé. En 2017, il a progressé de 7 %, et il devrait croître de 4 % en 2018. Mais surtout parce que la nouvelle étude prend en compte une multitude de critères et non plus seulement le transport. Les chercheurs ont en effet comptabilisé l'empreinte carbone de l'hébergement (dont la climatisation ou le chauffage), l'alimentation, les souvenirs de vacances... Le but étant de prendre en compte le coût global du cycle de vie du tourisme.

"L'essentiel de ces empreintes carbones vient des vols intérieurs", affirment les chercheurs. Ainsi les Américains se trouvent sur la première place du podium et comptabilisent 23 % des émissions. Suivis de loin par les Chinois (11 %), les Allemands (6 %) et les Indiens (5,9 %).

Seule solution : une taxe carbone 

"Poussé par le désir d'expériences de voyage exotiques et une dépendance croissante à l'aviation et aux commodités de luxe, l'affluence a fait du tourisme une catégorie de consommation intensive en carbone", expliquent les auteurs. Et de poursuivre : "L'augmentation rapide de la demande touristique dépasse la décarbonisation de la technologie liée au tourisme. Nous prévoyons qu'en raison de son intensité élevée en carbone et de sa croissance continue, le tourisme constituera une part croissante des émissions mondiales de gaz à effet de serre."

Pour ralentir le phénomène, les chercheurs proposent de mettre en place une taxe carbone. Ce que plusieurs pays ont déjà mis en place depuis la signature de l'Accord de Paris. En 2017, la tarification du carbone a généré 32 milliards de dollars de revenus

Marina Fabre @fabre_marina 


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