Publié le 07 novembre 2018

ENVIRONNEMENT

COP24 : l’Église catholique appelle à un profond changement financier, social et agricole

À quelques semaines de la COP24 début décembre en Pologne et après le nouveau rapport alarmant du GIEC, les dirigeants de l’Église catholique appellent les gouvernements à marquer un tournant lors des prochaines négociations climatiques. Ils demandent des mesures concrètes et immédiates pour changer en misant sur l'agroécologie, le respect de la connaissance des peuples autochtones, la justice climatique...

Parmi les priorités identifiées, il y a le maintien du réchauffement en dessous de 1,5°C, le changement du paradigme financier et la fin des combustibles fossiles.
@Comece

La mobilisation de l’Église catholique contre le changement climatique se poursuit. Après la retentissante encyclique Laudato si' du Pape François en 2015, les six présidents des conférences épiscopales continentales catholiques ont lancé vendredi 26 octobre depuis le Vatican un appel à "prendre des mesures ambitieuses et immédiates pour combattre et surmonter les effets dévastateurs de la crise climatique". 

"Nous devons être prêts à procéder à des changements rapides et radicaux et à résister à la tentation de rechercher à court terme des solutions purement technologiques à notre situation actuelle, sans traiter les causes profondes et les conséquences à long terme", écrivent-ils. L’appel intervient à quelques semaines de la COP24 qui se tiendra début décembre à Katowice en Pologne et après le rapport choc du Giec sur un monde à 1,5°C publié début octobre.

Besoin d’une volonté politique 

"Nous avons besoin d'un changement d'orientation profond et urgent sur le changement climatique. Nous devons assister à une transformation, lors des négociations sur le climat, à Katowice. Nous pouvons sauver la planète et les personnes les plus exposées aux effets des conditions météorologiques extrêmes mais nous avons besoin d’une volonté politique pour que cela devienne réalité", a déclaré Michel Roy, secrétaire général de Caritas Internationalis.

Les responsables de l’Église en Amérique latine, Asie, Afrique, Océanie et Europe mettent en avant plusieurs principes repris de Laudato si’ : l’urgence, la justice intergénérationnelle, la dignité humaine et le respect des droits, en particulier ceux des plus vulnérables, qui "doivent toujours être au centre du programme sur le climat".

Parmi les priorités identifiées, il y a le maintien du réchauffement climatique en dessous de 1,5°C, le respect des connaissances des communautés autochtones, la mise en œuvre d’un changement de paradigme financier, la fin des combustibles fossiles. Ils associent également une nouvelle réflexion à mener sur le secteur agricole pour veiller à ce qu'il fournisse des aliments sains et accessibles à tous, en mettant l'accent sur la promotion de l'agroécologie.

278 institutions religieuses ont désinvesti les fossiles

"Les dirigeants de l’Église dans tous les continents font écho à l'accent mis par le Pape François sur l'urgence de la crise climatique. Chaque degré de plus au thermomètre mondial est une tragédie pour les plus vulnérables, et nous ne pouvons pas perdre un seul instant pour trouver des solutions pour eux et pour les générations à venir. La question est de savoir quand les dirigeants politiques relèveront le défi", a déclaré Tomás Insua, directeur exécutif du Mouvement catholique mondial pour le climat.

Les institutions catholiques sont par ailleurs engagées dans un mouvement de désinvestissement des énergies fossiles. Au total, 278 organisations religieuses (toutes religions confondues) à travers le monde ont ainsi décidé d’arrêter de financer ces énergies polluantes.  

Concepcion Alvarez, @conce1


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