Publié le 22 septembre 2021

ENVIRONNEMENT

À quelques semaines de la COP26, la Chine et les États-Unis prennent de forts engagements climatiques

Fini le financement des centrales à charbon à l'étranger. La Chine annonce la fin de leur construction en dehors de ses frontières. Une avancée majeure alors que Pékin soutenait fortement cette énergie dans les pays en développement. Une bonne nouvelle qui intervient au moment où les États-Unis ont annoncé, à l'Assemblée générale des Nations Unies, doubler le montant de leur aide climatique envers les pays du sud. 

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Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les dirigeants mondiaux à "prendre dès maintenant des mesures décisives pour éviter une catastrophe climatique".
UNPhoto/CiaPak

C’est une annonce d’ampleur venant du plus gros pollueur de la planète. Le Président chinois Xi Jinping a annoncé devant l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) que Pékin allait cesser de construire des centrales à charbon à l’étranger. "La Chine va renforcer son soutien aux autres pays en développement pour favoriser des énergies vertes et peu carbonées, et ne construira pas de nouvelles centrales à charbon à l’étranger", a-t-il précisé. 

C’est un tournant pour le pays. S’il est aujourd’hui le champion des énergies renouvelables, il est aussi le premier producteur mondial de charbon et n’hésitait pas, jusqu’ici, à soutenir cette énergie hors de ses frontières. En 2019, un rapport de l’Institute for Energy Economic and Financial Analysis (IEEFA) avait même révélé que les banques et entreprises finançaient plus qu’un quart des projets de nouvelles capacités de production d’électricité au charbon en dehors de Chine. Au Vietnam, au Bangladesh, en Indonésie et dans bien d'autres pays, Pékin a investi des milliards dans la construction de centrales charbon, un puissant outil pour développer les "nouvelles routes de la soie", une forme d'expansionnisme économique. 

"Les jours de l’énergie au charbon sont comptés", a réagi le président de la COP26, Alok Sharma sur Twitter. "À la COP26, nous devons faire du charbon de l’histoire ancienne", a-t-il poursuivi. Du 31 octobre au 12 novembre, les États vont se réunir à Glasgow en Écosse pour prendre des mesures face au changement climatique. Les annonces de la Chine, qui s’est fixée pour objectif l’atteinte de la neutralité carbone en 2060, sont très attendues. John Kerry, l’émissaire américain pour le climat, avait déjà rappelé aux responsables chinois la nécessité de stopper la construction de centrales dans leur propre pays pour ne pas louper les objectifs climatiques mondiaux.

Les Etats-Unis doublent leurs financements climatiques

Lors de son passage à la tribune des Nations unies, Joe Biden, le Président américain a confirmé ses engagements climatiques, esquissés en avril dernier lors du sommet Earth Day. Cette fois-ci le dirigeant a promis que les États-Unis allaient doubler le montant de leur aide internationale envers les pays en développement pour faire face au changement climatique. Cela s’inscrit dans le cadre de l’engagement pris à la COP15 en 2009 à Copenhague de verser 100 milliards de dollars par an des pays riches vers les pays pauvres. Toutefois aujourd’hui la somme atteint à peine 80 milliards. 

Selon les experts, les États-Unis devraient donc débourser 11 milliards de dollars par an pour cet objectif. "Avec notre aide, ainsi qu'un capital accru du privé et d'autres donateurs, nous serons capables d'atteindre le but de mobiliser 100 milliards de dollars", promet le Président américain. À six semaines de la COP26, cette annonce devrait simplifier la gestion de ce dossier qui s’annonçait très épineux. Sur Twitter, le Président de la COP26, Alok Sharma accueille très favorablement l’annonce américaine et appelle à "capitaliser sur cette dynamique".

Ludovic Dupin et Marina Fabre


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