Publié le 06 août 2020

ENVIRONNEMENT

[Vive la biodiversité] Des fonds pour sauvegarder la nature !

Alors que la perte de biodiversité s’accélère, il est de plus en plus nécessaire de flécher les investissements vers des pratiques de production plus respectueuses de la nature. Jusqu’à présent pourtant, ceux-ci restaient l’apanage des Institutions publiques. Cependant, entreprises et investisseurs commencent néanmoins à engager des fonds pour protéger la biodiversité et restaurer les zones dégradées. Toute la semaine Novethic se penche sur les bienfaits d’une biodiversité pourtant en déclin et qu’il est vital de préserver. 

Biodiversite nature finance iStock sarayut
Face à la montée des risques pour leurs propres activités, entreprises et investisseurs commencent à engager des fonds pour protéger la biodiversité et restaurer les zones dégradées.
@sarayut

0,1% du PIB. Voilà la somme des flux consacrés au niveau mondial à la restauration et la protection de la biodiversité selon l’OCDE (1), soit 91 milliards d’euros, et ce dans une fourchette haute qui peut inclure des doublons. L’écart entre le financement actuel et les besoins est immense. Il faudrait 440 milliards de dollars d’investissement par an pour développer des activités bénéfiques à la biodiversité (1).

Financement de la biodiversité grand

Des fonds privés pour des projets de protection de la nature

Mais si jusqu’à présent la sauvegarde de la biodiversité semblait peu intéresser le secteur privé, celui-ci commence à y regarder d’un peu plus près. Car entreprises et investisseurs commencent à voir se matérialiser les risques que font peser la perte de la biodiversité sur leurs propres activités, comme le montre la pandémie de Covid-19. "Nous devons réorienter à grande échelle les flux financiers pour développer des projets d’envergure en vue d’une économie durable et inclusive", assuraient les dirigeants de grandes institutions financières comme CDC biodiversité, Axa, Natixis ou Aviva, dans une tribune publié dans Le Monde. 

Le monde de la finance durable s’organise. Des fonds dédiés se structurent autour de la restauration des terres dégradées, comme le land degradation neutrality fund de Mirova) ou de l’AgTech. De nouveaux modèles émergent, comme la blended finance, qui mixe les fonds publics et privés, pour assurer un développement économique soutenable dans les pays émergents. C’est ainsi que BNP Paribas est engagé aux côtés de l’ONU environnement (PNUE) pour réunir 10 milliards de dollars d’ici à 2025 auprès d’investisseurs du secteur privé. Une somme qui sera investie dans des projets comme la protection et la restauration des paysages et forêts, l’amélioration de l’agriculture des petits exploitants ou le développement des énergies renouvelables…

Les entreprises ne sont pas en reste. C’est Danone qui a joué le rôle de précurseur dans les années 2000 avec différents fonds d’investissement, dont le fonds Livelihoods qui permet de financer des projets d’agriculture responsable au sein de la chaîne d’approvisionnement des entreprises investisseuses, comme Danone, Veolia, Mars... Le fonds a fait des émules. Récemment, L’Oréal, Kering ou Unilever ont créé leur propre outil pour permettre à leur chaîne d’approvisionnement de se transformer et, plus largement, de protéger des écosystèmes sensibles et menacés.

Béatrice Héraud @BeatriceHeraud

(1) Into the wild : Integrating nature into investment strategies, publié par le WWF France et AXA à l’occasion du G7 2019.

(2) Aperçu général du financement de la biodiversité à l’échelle mondiale, OCDE, avril 2020

 

 


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