Aires protégées, restauration de la nature, plantation d'un milliard d'arbres… Elisabeth Borne a présenté lundi 27 novembre la "Stratégie nationale biodiversité" du gouvernement. Ses objectifs : "stopper l'effondrement du vivant" et "restaurer la nature" d'ici à 2030. Un plan ambitieux qui laisse circonspectes les associations de défense de l'environnement. Voici ce qu'il faut en retenir.

Avec deux ans de retard, le gouvernement a dévoilé lundi 27 novembre la version finale de sa nouvelle Stratégie nationale Biodiversité 2030 (SNB). "L’effondrement de la biodiversité est une menace existentielle pour nos sociétés", a alerté la Première ministre Elisabeth Borne. "Nous devons endiguer rapidement et inverser la tendance fortement", a-t-elle ajouté. Cette nouvelle feuille de route comprenant une quarantaine de mesures doit à la fois enrayer l’effondrement de la biodiversité et restaurer la nature d’ici à 2030. Voici ce qu’il faut en retenir.
264 millions d’euros supplémentaires
À commencer par le nerf de la guerre : l’argent. Dès 2024, 264 millions d’euros de crédits supplémentaires seront consacrés à la biodiversité. Cette somme doit notamment permettre de renforcer "l’effectivité" des aires protégées et de financer la protection des écosystèmes ou encore d’accompagnement la restauration des sols (+6 millions d’euros). À noter que ce budget supplémentaire s’ajoute à la pérennisation des moyens déjà mobilisés sur un fonds "friches" (300 millions) et un autre à propos de la renaturation (100 millions), le tout dans le cadre d’un fonds vert. Au total, un milliard d’euros sera allégué à la biodiversité l’année prochaine. La SNB3 prévoit 414 millions d’euros par an pour sa mise en œuvre jusqu’à 2030.
Toujours plus d’aires protégées sur terre et en mer
La cheffe du gouvernement a également annoncé l’objectif de la France de placer 10% du territoire français sous protection forte d’ici à 2030 – contre un peu plus de 4% aujourd’hui. À cela, il faut ajouter que 100% des récifs coralliens ultramarins feront l’objet de protection en 2025, 65% des mangroves feront l’objet de mesures de conservation d’ici 2030 et les herbiers de posidonie, ces forêts sous-marines en Méditerranée, seront intégralement protégés. Autre mesure forte, la création d’un 12e parc national dédié aux zones humides, dont la localisation est attendue au printemps.
Restaurer les sols, une ambition forte
Deux chantiers d’ampleur ont été annoncés. Le premier consiste en la mise en place d’un "plan Écophyto 2030", dont l’objectif est de réduire de 50% l’utilisation des produits phytosanitaires en 2030 par rapport à 2015-2017. Pour ce faire, le gouvernement a décidé d’investir massivement dans le développement d’alternatives afin de venir en aide aux agriculteurs. Le deuxième chantier porte quant à lui sur les haies et les prairies, nids pour la biodiversité et véritables puits de carbone. Ainsi, 50 000 kilomètres de haies seront replantés sur tout le territoire ainsi qu’un million d’arbres d’ici 10 ans. D’ailleurs, Emmanuel Macron était en déplacement en fin de semaine dernière dans le Jura pour lancer le plan "Un jeune – Un arbre" . Chaque élève en classe de 6e est invité "à planter un arbre pour la Sainte-Catherine" et donc à participer au reboisement des forêts du pays.
Déjà critiquée en octobre dernier par le Comité national de la biodiversité pour son ambition "partielle et perfectible", cette nouvelle feuille de route laisse encore circonspectes certaines associations environnementales. "Tant que l’argent public continuera de distribuer chaque année 10 milliards d’euros en subventions néfastes à la biodiversité, toute stratégie pour la biodiversité restera une éponge contre un Karcher", a réagi le WWF.
Blandine Garot

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