Publié le 04 novembre 2018

ENVIRONNEMENT

[Le chiffre] 30 % des colonies d'abeilles sont mortes durant l'hiver dernier en France

C'est un taux de mortalité effrayant. Selon un nouveau rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), 30 % des colonies d'abeille sont mortes en France pendant l'hiver 2017-2018. Le taux est habituellement de 10 %. Une hécatombe pour les apiculteurs qui dénoncent un usage trop intensif des pesticides dans l'agriculture. 

En 20 ans, le taux de mortalité des colonies d'abeilles est passé de 5 % à 30 % par an.
Pixabay

Ce sont des lanceuses d'alerte et elles sont clairement en danger. Un tiers des colonies d'abeilles sont mortes lors de l'hiver 2017-2018. C'est la principale conclusion d'une étude menée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire et de l'alimentation (Anses) à la demande du ministère de l'Agriculture. Cette vaste enquête a été réalisée auprès de 46 500 apiculteurs dont 14 000 ont répondu.

"Cette enquête montre que le taux moyen de mortalité des colonies d’abeilles à l’échelle nationale durant l’hiver 2017-2018 est estimé à 29,4 %, très au-delà du taux de 10 % de mortalité hivernale qualifié de "normal" par l’ensemble des acteurs concernés (apiculteurs, scientifiques…)", souligne le ministère.

Des taux de mortalité "gravissimes"

Ces taux de mortalité sont "gravissimes", confirme l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf), "on évoque habituellement le taux de 30 % de mortalité sur l'année (en saison et en hiver), et avec ce seuil, pratiquer l'apiculture est intenable... Là ce taux intervient sur 4 mois de l'année".

En cause, notamment, les néonicotinoïdes. Ces pesticides "tueurs d'abeilles" sont accusés de décimer les colonies en attaquant le système nerveux des abeilles ce qui les désorientent et les affaiblissent. En 1995, affirme l'Unaf, 5 % des colonies d'abeilles disparaissaient chaque année contre 30 % aujourd'hui.

Interdiction des néonicotinoïdes

Pour ralentir le phénomène, depuis le 1er septembre, cinq néonicotinoïdes sont interdits en France. "On est dans une phase cruciale", expliquait en mars Delphine Batho, députée et ancienne ministre de l'Environnement. "Les abeilles sont les lanceuses d'alerte de l'effondrement de la biodiversité. Nous devons fermement appliquer la loi", plaide-t-elle. Ce que craignent les associations environnementales et les apiculteurs, ce sont des dérogations que le gouvernement pourrait accorder.

"Nous pressons les pouvoirs publics de sortir notre agriculture de sa dépendance aux pesticides. Il faut saisir l'opportunité de la renégociation de la PAC (politique agricole commune) pour réorienter notre modèle agricole", demande Gilles Lanio, président de l'Unaf, dans le Monde.

En juillet, le ministère de l'Agriculture avait débloqué trois millions d'euros à destination des apiculteurs pour qu'ils renouvellent leurs essaims. Cet aide forfaitaire équivaut à 80 euros par essaim acheté.

Marina Fabre @fabre_marina


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Biodiversité

Préserver la diversité des écosystèmes est indispensable pour gérer durablement les ressources de la planète. Quelles doivent être les conditions d’utilisation de ces ressources ? Peut-on breveter des plantes et pour quels usages ? Autant de questions posées au secteur cosmétique et pharmaceutique.

Deforestation amazonie double en un an Greenpeace

L’Amazonie, en feu, a connu son pire mois de juin depuis 13 ans

Alors que le Brésil subit de plein fouet le Covid-19, un autre drame se déroule en fond, celui de la destruction de la forêt amazonienne. Jamais, depuis 2007, l'Institut national de recherches spatiales n'avait enregistré autant de foyers d'incendies dans cette réserve de biodiversité. Un phénomène...

Vison elevage fin pays bas

[Bonne nouvelle] Les Pays Bas mettent fin à l’élevage de vison après des cas de Covid-19 chez les animaux

Alors que plusieurs visons d'élevage néerlandais ont été contaminés par le Covid-19, transmettant probablement le virus à deux employés, les Pays-Bas ont décidé de mettre fin à l'industrie de fourrure de vison. Le pays, quatrième producteur au monde, devait y mettre un terme en 2024 mais le Covid-19...

Biodiversite istock cco

Pas de relance économique sans prise en compte de la biodiversité

Alors que la pandémie de Covid-19 bouscule l’agenda politique de la biodiversité, les entreprises ne doivent pas attendre pour agir, estime la coalition internationale Business for Nature. Dans une lettre, celle-ci enjoint les patrons à prendre en compte la nature dans leur plan de relance...

Feux de foret crime environnement

Reconnaître le crime d'écocide, est-ce vraiment la priorité ?

Les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) souhaitent que les Français s’expriment, au cours d'un référendum, sur l'intérêt de légiférer sur le crime d’écocide pour sanctionner les atteintes graves à l'environnement. Si les parlementaires français ont rejeté à deux reprises une...