Publié le 27 mars 2019

ENVIRONNEMENT

La qualité environnementale des grands projets se dégrade

Projets autoroutiers, énergétiques, d'aménagement ou encore plans nitrates... Les plans et grands projets pèchent bien souvent en matière environnementale, déplore dans son bilan 2018 l'Autorité environnementale (AE), qui constate une dégradation de la situation.

Selon l'autorité environnementale, la qualité environnementale des grands projets comme les autoroutes, se dégrade.
@pexel

Selon l'Autorité environnementale, les grands projets énergétiques, autoroutiers ou d’aménagement, qui leur sont soumis prennent rarement en compte les émissions de gaz à effet de serre (GES) ou la pollution atmosphérique générées par le chantier puis l'exploitation de l'infrastructure. Pire leur qualité se dégrade selon le rapport annuel de l’autorité indépendante chargée de produire des avis sur ces grands projets.

"Dans le domaine du bruit, les mesures de protection restent trop souvent définies a minima" et "la prise en compte de la biodiversité insuffisamment ambitieuse pour ralentir son érosion et la perte d'espaces naturels", soulignent les membres de l'Autorité, dans l'éditorial ouvrant leur rapport. Quant aux plans d'action nitrates, "au vu du 6e plan national et des 10 plans régionaux qui le complètent, ils ne démontrent pas en quoi ils sont susceptibles de réduire les concentrations dans les eaux souterraines et superficielles".

Manque de cohérence…et de moyens

Les avis de l'AE "soulèvent régulièrement la question de la cohérence des projets présentés avec les grandes orientations" environnementales, qu'il s'agisse de lutte contre le réchauffement ou de freiner le grignotage des espaces naturels, remarque l'organisme.

"Le grand public se mobilise (sur le climat, ndlr), mais dans les dossiers que nous instruisons il n'y a quasiment aucune évaluation de l'impact des GES, ou ce n'est pas fait correctement", a relevé mardi le président de l'AE Philippe Ledenvic. Et ce que les porteurs de projets soient des acteurs privés (concessionnaires d'autoroutes par exemple) ou des collectivités.

Organe indépendant de 15 membres (ingénieurs, inspecteurs généraux de l'environnement, personnes qualifiées), l'AE, a remis 107 avis en 2018, sur des projets routiers et autoroutiers, ou énergétiques. Les missions régionales d'Autorité environnementale (MRAE), crées en 2016, en ont produit 10 fois plus (1 765 avis). Un volume multiplié par deux depuis 2017, ce qui pose la question de leurs moyens, souligne l’Autorité environnementale.

La rédaction avec l’AFP


© 2019 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Biodiversité

Préserver la diversité des écosystèmes est indispensable pour gérer durablement les ressources de la planète. Quelles doivent être les conditions d’utilisation de ces ressources ? Peut-on breveter des plantes et pour quels usages ? Autant de questions posées au secteur cosmétique et pharmaceutique.

[Bonne nouvelle] Les terres et mers australes françaises inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco

Situées à plus de 2 000 kilomètres de tout continent, les Terres et mers australes françaises, dans le sud de l'océan Indien, viennent d’être classées au patrimoine mondial par l'Unesco. De quoi garantir des activités durables sur l’ensemble de cette vaste zone, selon le gouvernement.

Une nouvelle coalition internationale appelle à un New Deal ambitieux sur la biodiversité

En 2020, la COP15 de la Biodiversité qui aura lieu à Pékin pourrait donner lieu à un accord comparable à celui de Paris sur le climat. Pour s’y préparer, plusieurs grandes fédérations d’entreprises viennent de s’allier avec des ONG et think-tank environnementaux au sein d’une coalition appelée...

[Science] Les chimpanzés ne survivent plus que dans des "ghettos forestiers"

Sous la pression de l'urbanisation et de la chasse, les chimpanzés ne survivent plus que dans des ilôts de nature de plus en plus petits, se sont alarmés des primatologues spécialistes de ce plus proche parent des humains.

Comme la planète, la biodiversité a une limite... qui est déjà franchie

Il y a une limite à ne pas franchir pour le climat, et on la connaît. Le seuil fatidique a été fixé à +1,5°C par l'Accord de Paris. C'est cette limite qui permet aux entreprises, investisseurs, Etats d'agir. Or, sur la biodiversité, le seuil n'est pas encore bien défini ralentissant la mise en place...