Publié le 10 janvier 2018

ENVIRONNEMENT

États généraux de l’alimentation : la grande distribution ne respecterait pas ses engagements

"Ça ne va pas bien", voici comment la présidente du principal syndicat agricole a résumé l'état des négociations commerciales annuelles entre producteurs, distributeurs et transformateurs. Selon elle, les distributeurs ne respectent pas leurs engagements pris lors des États généraux de l'alimentation notamment sur la construction du prix de vente à partir du coût de production. "On nous demande encore de baisser les prix", témoigne-t-elle. 

Negociations commerciales grande distribution leclerc prix agriculture
Selon la FNSEA, lors des négociations commerciales, la grande distribution ne respecterait pas ses engagements pris lors des États généraux de l'alimentation.

L’année 2018 s’annonce aussi chargée que la précédente pour le monde agricole. Moins de deux mois après la clôture des États généraux de l’alimentation (Egalim), Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, a présenté ce 9 janvier ses vœux à la presse. "Nous abordons 2018 avec un état d’esprit positif (…) En 2017 nous avons préparé les outils pour que cette année l’agriculture monte en gamme et que les prix soient revalorisés", a-t-elle énoncé.

"On sent que sans une loi, ça ne marchera pas"

Concrètement, la FNSEA se dit satisfaite des Egalim. Le Président Macron a promis une loi pour inverser la construction du prix de vente. Ce dernier se fera à partir du coût de production. Le projet de loi devrait être présenté le 31 janvier au Conseil des ministres. En attendant, tous les acteurs du secteur, des producteurs aux distributeurs en passant par les transformateurs avaient signé, fin novembre, une charte d’engagement en ce sens.

Or, selon la FNSEA, les négociations commerciales qui sont en cours "se passent mal". "Quand on évoque la charte, on se fait moquer. C’était le baroud d’honneur de la grande distribution. On nous demande encore de baisser de 2 à 8 % le prix de certains produits comme le lait ou le bœuf alors que nous avons déjà fait des efforts", témoigne Christiane Lambert. "On sent que sans une loi, ça ne marchera pas".

Mise en place d'un comité de suivi des engagements

Le projet de loi comportait également deux autres mesures, testées pendant deux ans, qui feront l’objet d’une ordonnance. Il s’agit d’abord du relèvement du seuil de revente à perte de 10 %. Le rôle de ce dernier est de fixer un prix en dessous duquel un distributeur ne peut vendre un produit. Cette revalorisation permettra de limiter la guerre des prix.

Il est aussi prévu d'encadrer les promotions commerciales des grandes surfaces. Les promotions ne pourront excéder 34 % du prix de base et 25 % du volume annuel vendu. Deux engagements que les distributeurs se sont engagés à tenir. Or, là aussi, ces derniers ne les appliquent pas vraiment, à en croire la présidente de la FNSEA.

 

Voilà! @BlogMELeclerc ne respecte pas son engagement!! C’est une braderie totale et non une promotion! @EPhilippePM pic.twitter.com/qp4J41H23A

— Christiane Lambert (@ChLambert_FNSEA) 5 janvier 2018

 

 

Emmanuel Macron avait annoncé la mise en place d’un comité de suivi à Bercy afin d’étudier le respect des engagements de chacun. Le Président avait même suggéré l’utilisation du "name and shame" pour pousser les acteurs à agir, cette technique consistant à dénoncer publiquement le nom de l’entreprise qui ne respecte pas ses engagements. La FNSEA appelle ministère de l’Économie à accélérer la création de ce comité de suivi.

Marina Fabre @fabre_marina


© 2018 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Agriculture

Avec ou sans pesticides, bio ou OGM, les modes de production agricole jouent un rôle déterminant sur la biodiversité et la pollution. Le développement massif de monocultures comme celle de l’huile de palme dans certaines régions entraine des problèmes variés dont la déforestation.

Accaparement des terres agricoles securite sanitaire depute 01

L'accaparement des terres agricoles, un enjeu de sécurité alimentaire que les députés veulent endiguer

Des surfaces agricoles bétonnées, des exploitations vendues à des investisseurs chinois qui font flamber les prix et favorisent l'agriculture intensive... C'est le constat que dresse un rapport parlementaire sur le foncier agricole. Cela met en péril la sécurité alimentaire de la France et ses...

Pesticide glyphosate palmares

Vaucluse, Réunion, Gironde... Ces départements accros au glyphosate

Dans le Vaucluse, terre viticole, le glyphosate a la cote. C'est le département qui a acheté la plus grande quantité de cet herbicide en 2017 par rapport à sa surface cultivée. Juste devant La Réunion, la Martinique et la Gironde. L'État, qui veut interdire le glyphosate d'ici trois ans, prévoit...

Nicolas Hulot agricultrice emission politique

L'Émission politique : l'agricultrice accusée d'être pro-glyphosate revient sur sa rencontre avec Nicolas Hulot

C’était le 22 novembre dernier. Céline Imart*, agricultrice du Tarn, faisait face à Nicolas Hulot dans l’Émission politique. Entre le glyphosate, la concurrence déloyale, la crise agricole… la productrice a voulu mettre l’ancien ministre de l’Environnement face à ses contradictions. Elle le juge à...

Viande in vitro e cologie pollution

Les États-Unis autorisent la viande in vitro, mais est-elle vraiment moins polluante ?

Les Américains vont pouvoir passer au grill de la viande in vitro. Se pose la question de l'intérêt environnemental de cette viande cultivée en laboratoire issue de cellules animales. Si, contrairement à l'élevage, cette viande dite "propre" émet moins de gaz à effet de serre, elle pourrait être un...