Publié le 20 février 2020

ENVIRONNEMENT

Danone veut être moteur de la transition agroalimentaire en France

C’est un géant du secteur et il entend bien profiter de ce statut pour faire bouger les lignes. Danone, qui modifie à tour de bras ses recettes pour les alléger en sel, additif ou colorant, est l'un des leaders du bio. Pour assurer son approvisionnement en France, il a investi 40 millions d'euros depuis 2016 dans la transition agricole et se rêve en pionnier de la "révolution du modèle agroalimentaire", à quelques jours de l'ouverture du Salon de l'Agriculture.

Danone transition agroalimentaire YURI KADOBNOV AFP
Le groupe a "assaini" une centaine de recettes en quelques années, diminuant le sel, les additifs, le sucre...
YURI KADOBNOV / AFP

Danone souhaite faire "voyager tout un écosystème", selon les mots de François Eyraud, directeur général de Danone produits frais France, en étant "pionnier" de la "révolution du modèle agroalimentaire". Plus de bio, de naturalité, moins de sucre, de gras, d’additif… L’industriel, qui a présenté mi-février les résultats à mi-parcours de ces objectifs de transition, s'appuie sur trois piliers : la transparence, le bio et l’agriculture régénératrice.  

Ainsi, en deux années, la star des produits laitiers a adopté le Nutri-score sur plus de 70 % de ses recettes. Et les résultats sont plutôt bons pour la firme qui voit 95 % de ses produits du quotidien classés en A ou B. Il faut dire que Danone a réduit le taux de sucre de la moitié de ses produits et a retiré totalement le sel et le sucre de 80 % de la gamme "cœur de repas" de sa marque Bledina. L'objectif est d'atteindre 100 % en 2020. "On ne peut pas tout faire d’un coup de baguette magique, c’est une transition", remarque François Eyraud qui évoque le temps d’adaptation du palais du consommateur à ces nouvelles recettes.

Le bio et le végétal 25 % du chiffre d'affaires en 2025

Pour atteindre son objectif de réduire de 50 % les additifs en cinq ans sur ses produits laitiers et végétaux, Danone investit en recherche et développement, assure Laurence Peyraut, secrétaire générale de Danone France. "L’amidon par exemple est un additif dont on ne peut pas se passer, il permet aux fruits de ne pas tomber au fond du pot de yaourt", explique-t-elle. L’enjeu est économique pour le groupe. Son PDG, Emmanuel Faber, estime en effet que ce sont les entreprises les plus responsables qui réussiront à convaincre les consommateurs de demain. Et les chiffres lui donnent en partie raison. 

Le groupe, qui, au-delà de sa marque phare Les 2 Vaches, a lancé 11 gammes bio depuis 2018, est "leader du secteur du bio dans l’ultra-frais", pointe François Eyraud. Un segment à long terme qui devrait représenter, avec le végétal, 25 % de son chiffre d’affaires en 2025. D’où la nécessité d’embarquer les agriculteurs dans la démarche pour assurer un approvisionnement constant. Danone a investi 40 millions d’euros en quatre ans pour la transition agricole. 

Le prix doit suivre

La conversion en bio fait partie d’un des sept programmes mis en place mais la firme croit aussi à l’agriculture régénératrice. "Le bio c’est formidable mais il y a plusieurs types d’agriculture", défend François Eyraud. L’objectif est que d’ici 2025, la totalité des produits sourcés en France soient issus de cette agriculture qui s’appuie sur la protection des sols, le soutien de nouvelles générations d’agriculteurs et la promotion du bien-être animal. 

Reste à savoir si le consommateur va suivre, car c’est sur lui que repose la réussite de cette transition agroalimentaire. "Il y a une réceptivité des clients d’un point de vue de l’offre mais il est difficile de trouver un modèle économique", admet François Eyraud qui pointe les injonctions contradictoires entre des consommateurs qui veulent plus de qualité et un prix qui ne suit pas forcément ses évolutions.  

Marina Fabre, @fabre_marina


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