Publié le 20 juillet 2020

ÉNERGIE

Le transport ferroviaire, devenu un symbole de la transition écologique, attend toujours son plan de relance

Alors que le train signe un retour en grâce porté par la prise de conscience écologique, l'État n'a toujours pas apporté un plan de soutien au secteur, durement touché par la crise. La nouvelle ministre, Barbara Pompili, a assuré qu'un "grand plan de relance pour le ferroviaire" était en préparation. Si le secteur a salué cette initiative, il espère qu'il sera à la hauteur des enjeux alors que le gouvernement a dédié 8 milliards d'euros à l'automobile et 15 milliards d'euros à l'aviation pour surmonter la crise.

Train la relance ne fait attendre
Emmanuel Macron a évoqué ses orientations pour le ferroviaire lors de son interview du 14 juillet.
CC0

C’est le grand oublié des plans de soutien. Le transport ferroviaire a pourtant lui aussi subi de plein fouet la pandémie de Covid-19. Fin avril, le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farrandou, évaluait le manque à gagner à deux milliards d’euros pour l’entreprise. Un chiffre qui a doublé depuis. D’où l’appel à un plan de relance lancé par la profession à la mi-mai. Une demande à laquelle le gouvernement a mis du temps à répondre. 

Si l’exécutif s’est d’abord attelé à relever l’automobile avec un plan de 8 milliards d’euros et l’aviation avec 15 milliards d’euros dédiés à la reprise… il a fallu la nomination de la nouvelle ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, pour avancer sur le sujet. Lors d’une interview sur France Info, elle a ainsi annoncé que le gouvernement préparait un "grand plan de relance pour le ferroviaire". "L'État ne laissera pas tomber tous ceux qui font du transport en commun", a-t-elle déclaré. 

Le retour en grâce du train

Il faudra encore attendre septembre pour avoir le détail de ce plan de relance mais l’enjeu est de taille, tant le train signe un retour en grâce et qu’il est considéré, par beaucoup, comme le symbole de la transition écologique. Après la vague verte qui a submergé les municipales, c’est le chef de l’État lui-même qui a évoqué, lors de son interview du 14 juillet, ses orientations pour le ferroviaire. Interrogé sur son ambition écologique, Emmanuel Macron a ainsi annoncé vouloir "redévelopper massivement" le fret ferroviaire, les trains de nuit et les petites lignes pour "faire des économies" et "réduire nos émissions"

Il a également mentionné le souhait du gouvernement d’imposer à toutes les compagnies aériennes, dont Air France, d’abandonner les liaisons intérieures desservies par le train en moins de 2h30. "Partout où nous avons déployé du TGV dans notre pays, et où telle ou telle ville est à deux heures de Paris, deux heures et quart, est-ce que les lignes intérieures (aériennes, NDR) qui sont à une heure, une heure 10, se justifient encore ? Non. Et donc là, on doit rationaliser notre modèle. Ça, c'est très concret", a-t-il avancé. 

De grandes attentes par le secteur

Mais il en faudra plus pour convaincre les professionnels du secteur. "On ne finance pas les trains avec de beaux discours. Donc on veut sept milliards comme pour l’aviation", a tweeté la députée EELV Karima Delli, présidente de la commission Transports et Tourisme au Parlement européen.

En juin, onze sénateurs socialistes ont également demandé que l'Etat reprenne "dès à présent, plutôt qu'en 2022, la deuxième tranche de dette (10 milliards d'euros) de SNCF Réseau, comme il s'y était engagé en 2019. Ceci afin d'en garantir l'effectivité." Pour amener la SNCF à l'équilibre financier en 2022, l'Etat actionnaire s'était engagé à reprendre une partie de la dette de SNCF Réseau, soit 25 milliards d'euros au total. 

Les acteurs du fret ferroviaire poussent eux pour un plan de relance visant à doubler la part du rail dans les transports de marchandises d'ici à 2030 et appellent l'État à soutenir massivement le secteur au nom de l'urgence climatique. Il faut dire qu’une tonne de marchandises transportées en train émet neuf fois moins de CO2 qu’avec le fret routier. Mais aujourd’hui, le fret ferroviaire ne représente que 10 % du trafic de marchandises. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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