Publié le 11 novembre 2015

EMPREINTE TERRE

Pré-COP21 : un pas de plus vers un accord à Paris

La dernière réunion informelle avant le début officiel des négociations s’est achevée ce mardi à Paris. Elle a réuni une soixantaine de ministres qui ont accepté des compromis sur au moins cinq points. C'est ce qu'a expliqué Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères et futur président de la COP21. Mais l’ampleur de la tâche s’annonce encore considérable. Décryptage.

Les ministres présents à la pré-COP21 ont visité le chantier du Bourget, futur site de la COP21.
Bruno Chapiron / MAEDI

"Nous avons franchi une étape importante mais la tâche reste considérable avant de parvenir à un accord" a déclaré Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères et futur président de la COP21, ce mardi 10 novembre alors que s’achevait la pré-COP, dernière réunion informelle avant le lancement des négociations officielles le 30 novembre prochain.     

 

Révision à la hausse des contributions tous les 5 ans  

 

Les 60 ministres présents de dimanche à mardi à Paris ont planché sur quatre axes de travail : l’ambition de l’accord, son équité, les actions concrètes d’ici 2020 et les financements après 2020. Et ils sont parvenus à rapprocher certains points de vue. La plus grande avancée concerne le fait de dresser un bilan, tous les cinq ans, des contributions climatiques de chaque pays.   

"C’était une idée qui non seulement était dans l’air mais qui se trouvait dans un certain nombre de textes, en particulier dans la déclaration conjointe entre la Chine et la France, et aujourd’hui elle a suffisamment fait son chemin pour qu’elle soit acceptée par tous", a expliqué Laurent Fabius au cours d’une conférence de presse. "C’est très important car c’est ce qui va permettre de combler le fossé entre les 2°C et le constat actuel des contributions qui tourne davantage autour des 3°C".  

Par ailleurs, ces révisions tous les cinq ans se feront à la hausse, pour tous les pays. Le principe du non-recul en arrière semblant être acté.  

 

Le plancher de 100 milliards de dollars accepté  

 

Un autre consensus a émergé sur les objectifs à long terme autour de la formulation "low emission climate resilient pathway" que nous pouvons traduire par "trajectoire d’émissions basses et adaptées au climat". Mais c’est l’option la moins ambitieuse présente dans le texte de négociations.  

Sur la question des financements, le plancher de 100 milliards de dollars en 2020 a été accepté. "Ce qui n’était pas évident avant" précise le ministre. De même, la proposition d’élargir la liste des contributeurs aux pays émergents, et non pas aux seuls pays riches, "est quelque chose que l’on a retrouvé dans les discussions et qui, jusqu’à présent, n’avait pas été abordé de façon aussi nette", ajoute Laurent Fabius.  

Enfin, le ministre a détaillé la façon dont les discussions seront engagées pendant la COP21. Les travaux effectifs débuteront le 30 novembre au soir, à l’issue de l’intervention des chefs d’Etat et de gouvernement. A ce jour, 117 ont confirmé leur présence, dont Vladimir Poutine, le président russe. "Le texte me sera remis au plus tard le samedi 5 décembre à midi afin que les dernières questions qui resteront à trancher puissent faire l’objet de discussions entre le samedi et la fin de la conférence", indique Laurent Fabius, qui prendra la main sur le texte avec les autres ministres à partir de la deuxième semaine. Un parcours balisé vers un accord à Paris.  

 

Une série de rapports accablants  

 

Pour la Fondation Nicolas Hulot, qui a réagi à ces annonces, ces avancées vont dans le sens d'un accord ambitieux à Paris, "mais rien n’est encore acquis". Elle déplore notamment le caractère non-contraignant des révisions des contributions tous les cinq ans et souhaite par ailleurs que la question du prix du carbone soit mise sur la table. "Il est impératif que le G20 qui aura lieu le week-end prochain s’engage plus fortement sur cette question cruciale".  

A l’approche de la COP21, les rapports accablants sur les impacts du réchauffement climatique se multiplient. Dimanche 8 novembre, la Banque mondiale annonçait que 100 millions de personnes supplémentaires à travers le monde risquaient de basculer dans l’extrême pauvreté d’ici 2030 si les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’étaient pas immédiats.  

Lundi 9 novembre, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) dévoilait que le niveau de concentration des gaz à effet de serre n’avait jamais été aussi important qu’en 2014. Et l’ONG Climate Central estimait dans une nouvelle publication qu’entre 470 et 760 millions de personnes seraient menacées par la montée des eaux dans le monde d’ici à 2100 si les Etats ne faisaient rien pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.

Concepcion Alvarez
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