Publié le 01 juillet 2015

EMPREINTE TERRE

COP 21 : Les territoires veulent peser sur la négociation climatique

Le Sommet mondial Climat et Territoires ouvre ce mercredi à Lyon. Il va accueillir un millier d’acteurs non-étatiques : des élus locaux, des responsables d’ONG, des chefs d’entreprises ou encore des représentants de syndicats, qui vont ensemble signer une déclaration et prendre des engagements en vue de la Conférence climat de Paris (COP 21).

L'une des nombreuses formes de maisons bioclimatiques et écologiques de l'écoquartier néerlandais EVA-Lanxmeer.
Lamiot / Creative Commons

Plus de la moitié de la population mondiale représentée. C’est ce dont s’enorgueillit le Sommet mondial Climat et territoires, organisé les 1er et 2 juillet à Lyon. Il regroupera une trentaine de réseaux de collectivités du monde entier et une vingtaine de représentants de la société civile1. "C’est un sommet unique en son genre", annonce Ronan Dantec, co-président du comité de pilotage du sommet et porte-parole de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). "Ce sera le plus fort engagement chiffré de réduction des émissions mis sur la table par des acteurs non-étatiques."

Depuis des années, l’ancien vice-président de Nantes métropole, devenu sénateur, n’a eu de cesse de répéter que les territoires (entendus comme un écosystème comprenant villes, collectivités locales et entreprises) constituent la meilleure capacité de lutte contre le réchauffement climatique. Tout simplement car "si les territoires ne font pas le travail, aucun État ne pourra tenir ses engagements pour rester sous la barre des 2 degrés de réchauffement global d’ici 2100."

 

L'émission de 2,9 Gt équivalent CO2 évitées d’ici 2020

 

Plus de 180 initiatives coopératives entre collectivités locales, entreprises, ONG, centres de recherche, etc sur le climat ont été recensées dans un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), publié le 11 juin dernier. Si leurs engagements sont bien tenus, ces initiatives pourraient permettre d’éviter 2,9 gigatonnes en équivalent CO2 (éq-CO2) en 2020. Soit le tiers de l’effort global à fournir d’ici là pour espérer rester sous la barre d’un réchauffement des températures à 2°C.

À elles seules, les principales initiatives des villes et régions (C40, Convention des maires, Carbon climate registry et réseau States and regions alliance) pourraient permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’1,8 Gt équivalent CO2. Celles des entreprises Climate savers (WWF), Caring for climate (Pnue, Ccnucc et Global Compact) ou Science based targets (CDP, WWF, Global Compact et WRI) sont évaluées à seulement 0,63 Gt équivalent CO2.

 

 

Peser dans les négociations climatiques

 

À Lyon, tous ces acteurs se réuniront pour signer une déclaration commune. "La plus largement signée de l’histoire" espère Ronan Dantec. Il s’agit d’y donner des "engagements chiffrés" et des "propositions concrètes" (sur l’agriculture, les forêts, l’adaptation ou l’éducation) issus de négociations de plus de trois mois et qui seront finalisées lors du sommet. "Pour nous, la clé est d’associer l’agenda climatique à l’agenda du développement. Les enjeux du financement de l’action territoriale sont également essentiels", souligne l’élu.

Mais derrière ces engagements se cache aussi une ambition politique forte : pour ces villes, régions ou entreprises engagées, il s’agit de peser dans les négociations climatiques où les acteurs non étatiques sont aujourd’hui cantonnés au rang d’observateurs. "L’enjeu est de transformer la déclaration de Lyon en amendement pour la  COP 21. Le but est d’être opérationnels et de trouver une dynamique commune avec les États. Le sommet n’est pas un moment isolé mais une stratégie sur le long terme", résume Ronan Dantec.

Pendant la COP 21, qui se tiendra à Paris en décembre, plusieurs événements seront organisés dans la continuité du Sommet Climat et Territoires. Comme le "Cities day", le 4 décembre, présentée comme une "journée d’action de haut niveau consacrée à la présentation des principaux engagements des acteurs non étatiques", ou le sommet des gouvernements locaux, qui doit réunir plus de 1 000 élus locaux chargés de rédiger une déclaration commune à l’attention des chefs d’État.

Leur appel est soutenu par Christiana Figueres, la secrétaire exécutive de la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques) mais aussi par la France et le Pérou, qui travaillent main dans la main à l’organisation de la COP 21. Pour la première fois dans une Conférence des parties, il y aura d’ailleurs un "Agenda des solutions" qui regroupera les engagements de tous les acteurs non étatiques.

Créé pendant la Cop 20 de Lima, en décembre 2014, cet agenda constitue le quatrième pilier de l’accord de Paris. Matérialisé sous la plateforme Nazca, il compte à ce jour plus de 2 760 engagements, dont 480 initiatives rien que pour les villes et les régions.

 

[1] Pour les collectivités : ICLEI, CGLU, The Climate Group, C40, R20, nrg4SD, ORU-FOGAR, AIMF, AIRF, CODATU, Eurocities, Climate Alliance, Energy Cities, CCRE, ARE, CRPM, Forum Chine-Europe, CUF, AFCCRE, AMF, AMGVF, ARF, ACUF, ADCF, ADF, GART.


Et pour les autres acteurs non-étatiques : Climate Action Network International, Réseau Action Climat, Coordination Sud, 4D, Alternativa, Comité 21, CLER, WWF, ENDA Tiers Monde, Geres, CSI/ITUC, COICA, ROPPA, CliMates, International Chamber of Commerce, Global Compact, C3D, EPE, AMORCE, ASQA.

Concepcion Alvarez
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