Publié le 13 mai 2015

EMPREINTE TERRE

Climat : une semaine pour mobiliser les entreprises et investisseurs

La climate week aura lieu dans la capitale française du 18 au 24 mai. Elle se tiendra un peu moins de 200 jours avant la conférence de Paris sur le climat (COP21). Durant cette semaine, il s’agira de partager les bonnes pratiques, mais surtout d’inciter entreprises et investisseurs à s’engager dans la lutte contre le changement climatique. Car si ces acteurs ne font pas officiellement partie des négociations onusiennes, ils ont un rôle fondamental à jouer pour tenter d’atteindre l’objectif de limitation du réchauffement global à 2°C d’ici la fin du siècle.

Le siège de l'Unesco, situé à Paris, abritera la majeure partie des évènements de la Climate and business week.
Loïc Venance / AFP

À ceux qui présentent le changement climatique comme un bouleversement lointain ou une menace décorrelée des préoccupations des acteurs économiques, la coalition We Mean Business, qui regroupe des organisations mondiales parmi les plus actives pour pousser les entreprises à adopter des politiques plus ambitieuses sur le climat (BSR, the B Team, CDP, The Climate Group ou WBCSD) répond clairement que "Le climat a (déjà) changé" pour le secteur privé. Tout simplement parce le changement climatique est à la fois l’un des plus grands risques pour la planète mais aussi une grande opportunité économique. À condition de changer de modèle.

 

La Climate Week, levier d'une mutation à grande échelle

 

Cette transition est en marche. Il n’est qu’à voir la multiplication des initiatives qui voient le jour ces derniers temps (voir ci-dessous) que ce soit au niveau des grandes entreprises qui prennent des mesures pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, la déforestation ou leur consommation de matières premières, ou des investisseurs qui amorcent ou investissent dans les énergies renouvelables.

Mais il est urgent de changer d’échelle. C’est ce qu’entend montrer la Climate week qui se déroulera la semaine prochaine à Paris, à travers une série d’évènements à vocation internationale. Sur deux jours, le Business and Climate Summit (20 et 21 mai,  à l’Unesco) fera le point sur la manière d’opérer ce basculement, et présentera toute une série de bonnes pratiques de multinationales et d’investisseurs.

Il devrait donner lieu à de nouveaux engagements de la part de grandes entreprises, ainsi qu’un appel à la mise en place de politiques climatiques fortes à l’occasion de la COP21 comme la fixation d’un prix du carbone. Le Climate Finance day (22 mai, également à L’Unesco) sera lui davantage consacré aux investisseurs.

Là encore, on attend une mise en lumière d’initiatives pionnières et des engagements de gros acteurs financiers (banques, assurances, investisseurs institutionnels, fonds de pension, etc.) pour déplacer les financements de projets très émetteurs de gaz (charbon, pétrole, gaz de schsite) à effet de serre vers une économie bas carbone. Mais pas de déclaration commune.

 

Entreprises et investisseurs ont un rôle à jouer

 

Ces deux évènements phares, labellisés COP21, vont réunir les plus grandes entreprises mondiales - certaines fortement engagées dans la lutte contre le changement climatique, d’autres moins - et investisseurs engagés aux côtés de responsables politiques et diplomatiques de premier plan. Car l’alliance public-privé est une condition sine qua non de la réussite d’un accord mondial sur le climat à Paris.

Si seuls les États négocient l’accord officiel, l’engagement des acteurs économiques est en effet crucial pour assurer la faisabilité économique et financière des mesures qui seront prises. C’est tout le sens de "l’Agenda des solutions" (ou "Agenda positif") qui regroupent les initiatives volontaires des collectivités locales, de la société civiles, des entreprises et des investisseurs.

Rappelons que l’on estime les investissements nécessaires pour atteindre l’objectif d’une limitation du réchauffement climatique mondial à 2° degré d’ici la fin du siècle à environ 1 000 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 (green investment report).

 

Sélection d’initiatives climat d’entreprises et d’investisseurs pour la COP21

 

  • Road to Paris

Le CDP (ex-Carbon Disclosure Project) propose six engagements aux entreprises qui veulent être des leaders climatiques et publie la liste de celles qui en ont pris au moins un.

Les six programmes: objectifs ambitieux de réduction des émissions, approvisionnement à 100 % en énergies renouvelables, engagement d’achats durables évitant de contribuer à la déforestation, reporting des émissions de GES, engagements publics sur le climat et adoption d’un prix du carbone interne.

www.cdp.net/raod-to-Paris2015

 

  • We mean business

Il s’agit de la coalition des organisations mondiales parmi les plus actives pour pousser les entreprises à adopter des politiques plus ambitieuses sur le climat comme BSR, the B Team, CDP, The Climate Group ou WBCSD. Elles parleront d’une seule voix à la COP 21.

www.wemeanbusinesscoalition.org

 

  • Climate CEOs

Cette lettre ouverte signée par 43 patrons de grandes entreprises (IKEA, Schneider Electric, Lafarge, Philips, Iberdrola…) a été publiée mi-avril. Elle appelle les dirigeants des gouvernements qui se réuniront lors de la COP21 à prendre des mesures urgentes contre le changement climatique.

https://medium.com/@ClimateCEOs

 

  • Le Manifeste du Medef

Une semaine avant la Climate week, l’organisation patronale française a publié un manifeste pour la Conférence de Paris. Elle se prononce notamment pour la détermination d’un prix du carbone.

http://fr.slideshare.net/medef/medef-manifeste-cop21

 

  • Déclaration mondiale des investisseurs sur le changement climatique

Cette déclaration a été publiée en septembre dernier lors du Climate Summit organisé à New York. Les 350 investisseurs du monde entier signataires reconnaissent notamment l’impact financier de leurs portefeuilles.

http://investorsonclimatechange.org/

Béatrice Héraud
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