Publié le 15 juillet 2014

EMPREINTE TERRE

Climat : les entreprises en ordre de bataille pour les négociations de Paris en 2015

Le compte à rebours a commencé. Dans un peu moins de 500 jours aura lieu à Paris la 21e session des négociations onusiennes sur le climat. Pour les entreprises françaises qui ont intégré la lutte contre le changement climatique dans leur stratégie, la conférence constitue une formidable opportunité. Elles comptent bien profiter de l’évènement pour mettre en avant leur engagement et leur savoir-faire. Et fourbissent déjà leurs armes.

Voiture sobre en émissions de CO2 exposée à paris en 2008.
© François Durand / Getty Images Europe / AFP

La conférence onusienne sur le climat (COP21), qui aura lieu à Paris en décembre 2015, permettra-t-elle de trouver LA solution au changement climatique ? C’est loin d’être gagné. Car il faudra convaincre 195 Etats de s’entendre sur un accord que certains experts n’hésitent pas à présenter comme celui de la "dernière chance". Malgré ce pessimisme, les entreprises françaises fourbissent déjà leurs armes, avec la ferme intention de profiter de la médiatisation du sommet pour valoriser leurs propres solutions auprès des décideurs et du grand public.

Fin juin, 12 réseaux et organisations professionnelles d’entreprises (Medef, Entreprises pour l’environnement, CGPME, Pacte Mondial, Comité 21, etc.) signaient une tribune commune dans laquelle ils invitent les 195 Etats participants "à s’engager avec force et cohérence" et "à donner un signal clair aux acteurs économiques".

Les entreprises "sont parmi les principaux acteurs en mesure de réduire les émissions et d’en limiter les effets", écrivent-ils. Les signataires vont donc multiplier les évènements jusqu'à la tenue de la COP pour "démontrer, par un dialogue constructif avec les pouvoirs publics, combien les entreprises assumeront leurs responsabilités dès lors que les règles fixées par les gouvernements – dans un cadre mondial aussi harmonisé que possible entre principaux pays émetteurs –  favoriseront la visibilité et les changements de comportement". Une condition qui est encore loin d’être remplie.

 

Une Exposition universelle des solutions vertes

Quelques jours plus tard, le 9 juillet, une dizaine d’entreprises (Veolia, Schneider Electric, Ikea France, Generali, Carrefour…) lançaient officiellement avec le Comité 21 et le Club France du développement durable (qui rassemblent ONG, chercheurs, collectivités locales, etc.), l’initiative Solution COP21.

Le but : montrer au grand public que les entreprises apportent des solutions en matière d’énergie, de mobilité, de télécommunications ou encore d’alimentation. Comment ? D’abord par le biais d’une plateforme internet, vitrine des engagements, produits et services des entreprises partenaires. Puis avec une sorte d’exposition universelle des solutions vertes qui sera montée dans les 4000 m² du Grand Palais, en parallèle des négociations onusiennes qui se tiendront au Bourget.

 

Une question de survie pour les entreprises

Montrer l’entreprise comme porteuse de solutions et non comme partie du problème, c’est le défi que devront relever ces organisations. Car jusqu'à présent, les compagnies qui se sont illustrées dans les négociations climatiques ont plutôt fait la Une pour leur résistance à tout accord contraignant. La dernière COP, qui se tenait à Varsovie en Pologne, en a été l’un des exemples les plus marquants.

Le lobby du charbon s’y était montré omniprésent. Ce qu’avaient dénoncé avec force les organisations non gouvernementales (ONG). "Nous attendons que les entreprises que nous appelons 'progressistes', c'est-à-dire qui promeuvent les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique... prennent la parole en amont de la Conférence de Paris en 2015. Malheureusement, celles-ci sont moins nombreuses, moins puissantes et moins écoutées que les multinationales de l'énergie fossile", regrettait alors Célia Gautier, du Réseau Action Climat. Certaines entreprises semblent avoir entendu le message.

En dépit des discours de bonne volonté, le dialogue entre Etats, entreprises et ONG s'annonce difficile. Pour l’instant, les entreprises (comme les ONG) y ont un statut d’observateurs. Face à l’ampleur de la tâche et au manque de financement public, elles y gagnent un peu plus de place chaque année. Et leur rôle est encore amené à s’accroître. C’est en tout cas ce que plaident de plus en plus de grandes entreprises, en France, mais également dans le reste du monde. Avec diverses intentions. Mais avec un seul leitmotiv : assurer leur propre survie.

Béatrice Héraud
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