Publié le 28 septembre 2017

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[VIDEO] Gaz de mine, le seul hydrocarbure non-conventionnel autorisé en France

Dans l'ancien bassin minier des Hauts-de-France, du grisou s'échappe encore des 100 000 kilomètres de galeries souterraines. Composé essentiellement de méthane, il contribue fortement au réchauffement climatique. La Française de l'Énergie le récupère donc pour le convertir en électricité et en gaz de ville. C'est pour cette raison qu'il a une place à part dans le projet de loi d'interdiction d'exploitation des hydrocarbures en France, voulu par Nicolas Hulot. 

Gaz de mine Gazonor grisou

Marina Fabre

Le pays est plat. Les Hauts-de-France, région agricole, se dessinent par ses champs de betteraves, de pommes de terre et de céréales. Le sous-sol, lui, est "comme du gruyère", assure une octogénaire née dans la région. Plus de 100 000 kilomètres de galeries minières parcourent le nord. Cet ancien bassin minier a depuis longtemps abandonné l'exploitation du charbon.

Mais les galeries, elles, "respirent" encore. En témoignent les évents par lesquels s'échappe du grisou. Composé essentiellement de méthane, c'est un gaz à effet de serre très puissant qui participe fortement au réchauffement s'il est relâché dans l'atmosphère. 

250 000 tonnes d'émissions de CO2 évitées annuellement

C'est ici qu'entre en jeu la société Gazonor, rachetée par la Française de l'Énergie en juin 2016. Sur son site d'Avion, situé à quelques minutes de Lens (Pas-de-Calais), l'entreprise s'est lancée dans la valorisation de ces rejets naturels. Il les transforme en gaz de ville et en électricité. "On a tout intérêt à le récupérer ! C'est un gaz déchet qui participe au réchauffement climatique", explique Yann Fouant, chef de projet. L'équivalent de plus de 250 000 tonnes d'émissions de CO2 est ainsi évité chaque année.

Aucun forage n'est nécessaire pour son exploitation. "On vient pomper à plusieurs centaines de mètres de profondeur le gaz de mine accumulé dans la partie creuse des anciennes galeries", indique Yann Fouant. Deux énormes tuyaux remontent le gaz dont une partie va être acheminée dans la salle des machines, un monstre très bruyant de vieilles tuyauteries.

Yann Fouant, équipé de protections auditives, y vérifie les pressions. Grâce à un jeu de compression et d'assèchement, le grisou est purifié en gaz de ville, odorisé et directement injecté dans le réseau. La production du site permet ainsi de répondre à la consommation de 40 000 habitants.

Du méthane à l'électron

À côté des vieilles machines, sont installés des containers bleus abritant des moteurs nouvelle génération dédiés à la conversion du grisou en électricité verte. "Un moteur équivaut à la production de trois éoliennes", commente le chef de projet, ancien ingénieur de Total. Là aussi, l'électricité produite sur le site peut alimenter l'équivalent d'une ville de 40 000 habitants.

Et la valorisation du gaz de mine fait consensus. Même les opposants aux hydrocarbures y sont favorables, tant le grisou est néfaste pour l'environnement et présente des risques d'explosion. En revanche, reste un sujet qui divise : le gaz de charbon. Gazonor détient deux permis exclusifs de recherche sur le site d'Avion notamment.

Le gaz de couche cristallise les tensions

Ce gaz sommeille à plus de 1000 mètres de profondeur. Contrairement au gaz de mine, il ne fuit pas. Son exploitation ne nécessite pas de fracturation hydraulique (une technique interdite en France qui consiste à injecter de l'eau sous haute pression dans le sous-sol pour fracturer le réservoir) mais un forage traditionnel. Mais les opposants comme le collectif "Houille ouille ouille" craignent quand même des risques de pollution des nappes phréatiques, de séismes ou d'affaissements de terrain. 

Le nouveau projet de loi de Nicolas Hulot sur les hydrocarbures interdit l'exploitation du gaz de couche en production non-conventionnel, c'est-à-dire en employant la fracturation hydraulique. "Mais nous, on fait du conventionnel", réagit Antoine Forcinal. Le directeur général du groupe dénonce "une opposition de principe, dogmatique" des opposants. "Je ne suis pas là pour polluer. Quant au code minier, je suis content qu'il y en est un, cela va faciliter mes échanges avec les parties prenantes. Mais pour l'instant ce n'est qu'un projet de loi et surtout un effet d'annonce. On sait que tout peut changer".

Marina Fabre @fabre_marina


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