Publié le 08 mars 2018

INFOGRAPHIES & VIDÉOS

[LA VIDEO DES SOLUTIONS] Maximum crée du mobilier à partir de déchets industriels

Du plancher d'un avion A350 aux barrières de police en passant par des pièces d'échafaudage, la startup Maximum récupère tous les déchets industriels pour les transformer en mobilier. En 2017, elle a ainsi pu valoriser 10 tonnes de déchets. Et le marché est immense, chaque année, l'industrie française en jette plus de 24 millions de tonnes.  

Après le fauteuil Gravêne, la startup se lance dans la production d'une chaise à partir du même plastique destiné à la poubelle.
©Maximum

C’est en pleine zone industrielle d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) que Maximum a trouvé ses locaux. De l’extérieur, on croirait un hangar désaffecté mais passer le portail de l’entrepôt, les poutres apparentes et les piliers métalliques dévoilent les vestiges d’une ancienne usine. Dans cette caverne d’Alibaba, on trouve de tout : des barrières de la Préfecture de police, des tronçons d’échafaudages, des planchers en carbone d’un A350. L’entreprise est spécialisée dans la création de mobilier urbain à partir de déchets industriels.

Un fauteuil avec du plastique jeté 

"On sonde toute la journée des industriels pour essayer de déceler et de répertorier des déchets qui pourraient être produits en série, des déchets produits régulièrement de manière standardisée", explique Romée de la Bigne, cofondateur de Maximum. Le but étant de réaliser du mobilier à l’instar de ce fauteuil nommé Gravêne, le premier meuble de la startup.

Ce dernier est créé à partir de la poudre en plastique récupérée chez A.Schulman, un industriel leader de la plasturgie. Pour nettoyer ses conduits entre deux teintes, l’industriel jette les 100 premiers kilos de chaque production. Cette poudre est alors transformée en plastique liquide par Maximum pour créer des fauteuils. Une chaise est également en préparation.

10 tonnes de déchets valorisés 

"On travaille également avec Airbus qui nous donne ses planchers en carbone mais aussi des collectivités comme la Préfecture de Police. On récupère les barricades pour en faire des bancs publics pour la ville d’Ivry", avance Romée de la Bigne, à l'origine designer.

Au total, l’année dernière, la startup a valorisé 10 tonnes de déchets. Son objectif à moyen terme est de créer du mobilier pour toute la maison, du canapé au bureau, en passant par la lampe et la table basse. "L’industrie française génère 24 millions de tonnes de déchets chaque année. Tant qu’elle reposera sur un modèle arriéré, on continuera d’exister", assène l’ancien étudiant des Beaux arts.

Un modèle en opposition avec le recyclage

Pour les cofondateurs de Maximum, il s’agit aussi de dépasser le concept de recyclage. "Notre modèle est en opposition avec le recyclage. On récupère tout le travail qui a déjà été effectué, la soudure, la forme de telle pièce récupérée. Or, dans le recyclage, tout le travail qui a été effectué en amont n'est pas du tout valorisé", explique Romée de la Bigne.

Aujourd'hui, la startup est seul sur le marché français. Avec des coûts de production ultra-réduits et une petite équipe, elle semble avoir trouvé son business model. Les cofondateurs ne voulant pas créer des meubles pour les élites, les prix sont abordables. "Bien sûr on ne fait pas du Ikea mais nos prix correspondent à Habitat", détaille le designer. Il faut compter entre 200 et 300 euros pour le fauteuil Gravêne.

Marina Fabre@fabre_marina


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