Publié le 06 juin 2018

SOCIAL

#FrenchImpact Avec France Barter, le troc séduit aussi les entreprises

Chaque semaine, Novethic vous fait découvrir un acteur clé du monde de l’économie sociale et solidaire (ESS) désormais rassemblé sous la bannière French Impact. Aujourd'hui, rencontre avec France Barter, une plateforme de troc entre entreprises. Lancé en 2014, le réseau compte aujourd’hui 1 500 TPE/PME qui s’échangent chaque mois des services ou des marchandises, sans jamais sortir de trésorerie.

Une centaine de trocs sont enregistrés tous les mois sur France Barter.
@FranceBarter

Cabinet d’avocats échange conseil juridique contre espaces publicitaires dans les médias ; Salle de réunion disponible à Paris contre refonte du site Internet…Voici le type d’annonces que l’on peut trouver sur France Barter ("barter" signifiant troc en anglais). La plateforme, lancée en 2014, s’est inspirée d’une forme de commerce très répandue dans les pays anglo-saxons, le troc entre entreprises.

"Sans sortir de trésorerie, notre réseau permet aux entreprises qui n’en auraient pas forcément les moyens ou qui n’auraient pas les bons contacts d’avoir accès à des biens ou des services", résume Samuel Cohen, président de France Barter. Le réseau regroupe aujourd’hui 1 500 entreprises, représentant 300 secteurs, essentiellement des TPE-PME.

L'année dernière par exemple, un traiteur francilien a trouvé une dizaine de clients en saison basse sur le réseau auprès desquels il a pu réaliser des prestations en factures Barter. Ce qui lui a permis en suite de financer des prestations de communication et de mise aux normes de sécurité, une caisse enregistreuse, du flocage de véhicule et du mobilier.

Compensation de factures

Une centaine de trocs sont enregistrés chaque mois. Ces transactions se font via une monnaie virtuelle, le Barter. Pour entrer dans le réseau, les entreprises s’acquittent d’un abonnement annuel de 235 euros et dressent la liste de ce qu’elles peuvent proposer et de ce dont elles ont besoin. Chacune ensuite fait son marché. Leur compte Barter démarre à zéro, et dès qu’elles réalisent une opération, elles reçoivent des factures qui seront débitées ou créditées sur leur compte Barter sous la forme de compensation de factures.

Nuit d’hôtel dans un établissement membre, invendus, produits agroalimentaires bruts, matériel informatique reconditionné, location de salles de réunions… Le montant moyen des transactions s’établit entre 2 000 et 2 500 euros. "Nous prélevons des commissions sur chaque opération, 5 % sur les achats, 5 % sur les ventes", explique Samuel Cohen. Les entreprises fixent elles-mêmes les coûts des services qu’elles vendent. Mais comme dans tout acte commercial, il peut y avoir négociation.

Des clients sociétaires

L’autre particularité de France Barter est qu'il s'agit d'une coopérative dans laquelle chacune des entreprises membres est sociétaire. Elles participent donc aux décisions stratégiques. "Nous avons pensé que le fait de les mettre au cœur du réacteur était la meilleure façon de les impliquer et d’instaurer une relation de confiance, cela est primordial car les membres contractent des créances et des dettes", précise le cofondateur de la start-up.

Par ailleurs, l’entreprise a mis en place des indicateurs d’impact pour évaluer les effets de son activité comme par exemple la revalorisation des actifs inutilisés ou les dynamiques de coopération locale qui émergent via la plateforme. "Notre système, basé sur une notion d’économie collaborative, circulaire et de proximité, favorise en effet le développement de relations commerciales entre entreprises situées dans une même zone géographique. Ce n’est plus le facteur prix qui est pris en compte mais les facteurs de proximité et confiance qui deviennent intéressants dans le cadre d’un échange. On réintroduit ainsi de l’humain dans le business", se félicite Samuel Cohen.

Si elle n’est pas encore rentable, France Barter est sur la bonne voie et envisage de se déployer dans d’autres pays. Elle va aussi développer des plateformes en marque blanche dans des secteurs spécialisés. Il en existe déjà deux pour favoriser les échanges de matériel notamment dans l’agriculture (Agri Échange) et l’industrie (Barter Clusters).

Concepcion Alvarez, @conce1


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