Publié le 23 avril 2019

POLITIQUE

"Inquiétant recul" de l'aide au développement en 2018, selon l’OCDE

L'aide au développement a connu une baisse de 2,7 % l'an dernier par rapport à 2017, pour s'établir à 149,3 milliards de dollars. Le recul est particulièrement fort vers les États qui en ont le plus besoin, a alerté l'OCDE. La France fait parti des rares pays à avoir augmenter leur contribution.

Ducation filles ecole pixabay
L'aide au développement accuse un recul important, notamment envers les pays qui en ont le plus besoin selon l'OCDE
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Les pays donateurs de l’aide au développement ne "tiennent pas leur engagement", selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Les montants ont connu "un recul inquiétant en 2018", avec une baisse de 2,7 % par rapport à 2017, soit 149,3 milliards de dollars (1). Une goutte d’eau si l’on considère le PIB mondial, de l’ordre de 85 000 milliards de dollars.

Ce sont en particulier les États qui en ont le plus besoin qui sont lésés. L'aide bilatérale accordée aux pays les moins avancés a baissé de 3 % et a même chuté de 4 % pour l'Afrique, selon l’étude de l’organisation publiée mercredi 10 avril. "Cet affaiblissement de l'aide publique est particulièrement inquiétant car il fait suite à des données montrant que les apports privés en faveur du développement diminuent également", a regretté le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, dans un communiqué.

Mauvais signal pour l’atteinte des objectifs de développement durable

"Les pays donateurs ne tiennent pas leur engagement en faveur d'une augmentation du financement du développement pris en 2015, ce qui augure mal de notre capacité à concrétiser les Objectifs de développement durable à l'horizon 2030", a-t-il prévenu.

Selon l'OCDE, l'aide a reculé dans une douzaine de pays l'an dernier, en raison notamment "d'une baisse du nombre d'arrivées de réfugiés", les replis les plus marqués ayant été observés en Autriche, Finlande, Grèce, Italie, Japon et Portugal. En revanche, 17 pays donateurs ont augmenté leur contribution, parmi eux la Hongrie, l'Islande et la Nouvelle-Zélande qui ont enregistré les "hausses les plus marquées".

L’aide française en hausse, mais encore loin des 0,7 % de PIB

En France, l’aide au développement a grimpé de 4,4 % l'an dernier "en raison d'une augmentation globale de ses programmes d'aides" à 12,2 milliards de dollars. Mais avec 0,43% du Revenu national brut (RNB), elle reste encore loin de l'objectif de 0,7 % recommandé par les Nations unies. Un objectif que seuls quelques pays atteignent : la Suède (1,04 %), le Luxembourg (0,98 %), la Norvège (0,94 %), le Royaume-Uni (0,7 %) mais aussi, hors OCDE, la Turquie (1,1 %) et les Emirats Arabes Unis (0,95 %).

"L'aide totale accordée par les pays riches en 2018 n'est qu'à peine supérieure à la fortune de l'homme le plus riche du monde, Jeff Bezos (...). Il est scandaleux que la plupart des pays riches ne parviennent toujours pas à atteindre le niveau d'aide au développement promis il y a plus de 50 ans", dénonce Julie Seghers, de l'organisation Oxfam international.

Quant à la France, elle "doit intensifier ses efforts dès maintenant pour atteindre l'objectif fixé par le président de la République d'allouer 0,55% du RNB à l'APD d'ici à 2022. C'est d'autant plus nécessaire en cette année de présidence du G7, alors que d'autres pays donateurs se désengagent et que la coopération internationale est remise en cause par certains", a insisté Friederike Röder, directrice UE et France de l'ONG One.

Selon Rémi Rioux, le directeur de l'Agence française de développement (AFD), la future loi d'orientation sur le développement doit donner "une vision pluriannelle de la trajectoire définie par la France de consacrer 0,55 % de son revenu national brut au financement du développement", a t-il précisé à l'agence AEF-Développement durable. 

Béatrice Héraud avec AFP 

(1) Ces comparaisons sont établies à partir de l'ancienne méthode de calcul des flux financiers. L'institution, basée à Paris, a changé cette année de mode de calcul pour mieux mesurer les transferts effectifs d'aide. Selon cette nouvelle méthode, le montant de l'aide au développement s'est élevé à 153 milliards de dollars l'an dernier.


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