Publié le 04 mars 2020

POLITIQUE

Coronavirus : face au risque de récession, les banques centrales sont contraintes de se mettre au chevet de l’économie mondiale

La banque centrale américaine, la Fed, a annoncé une baisse surprise de ses taux directeurs. La Banque du Japon fait tourner la planche à billet. L’Europe réfléchit à des mesures monétaires et budgétaires. Les banques centrales emploient tous les outils à leur disposition pour tenter d’endiguer le risque de récession économique engendré par la pandémie de Coronavirus Covid-19.

Jerome Powell Directeur de la FED Coronavirus JeromeParadat AFP
Jerôme Powell, directeur de la banque centrale américain, a annoncé des mesures fortes pour soutenir l'économie face au coronavirus.
@EricBaradat

C’est un soutien important à l’économie et à la finance que vient de décider la Federal Reserve (Fed), la banque centrale américaine. Le risque de récession économique engendré par l’épidémie de Coronavirus l’a poussée à baisser ses taux directeurs de 0,5 point mardi 3 mars. En clair, la Fed décide de rassurer les marchés en facilitant l’accès au crédit des acteurs économiques. Un moyen pour les entreprises les plus fragiles de rester à flots le temps que la crise passe.

Les cours de Bourse mondiaux ont en effet fortement chuté ces derniers jours, par crainte des répercussions de l’épidémie de Covid-19 sur l’économie réelle. En Chine, foyer de l’épidémie, de nombreuses entreprises ont été paralysées, ce qui devrait entraîner une perte de 0,8 point de croissance en 2020 pour le pays selon l’OCDE. "Les fondamentaux de l’économie américaine demeurent solides, assure de son côté la banque centrale américaine dans un communiqué. "Cependant, le Coronavirus pose un risque évolutif pour l’activité économique", nuance-t-elle.

La banque centrale japonaise a adopté une attitude similaire à la Fed. Son gouverneur, Haruhiko Kuroda, a annoncé le 2 mars vouloir faire tourner la planche à billets en rachetant des actifs ciblés sur les marchés. En termes simples, elle inonde l’économie de l’Archipel de liquidités pour soutenir les entreprises.

Wall Street pas convaincu

La Fed ne semble toutefois pour l’instant pas avoir convaincu Wall Street, qui est demeuré orienté à la baisse. Les investisseurs apparaissent perplexes quant à l’utilité de cette baisse des taux si le Coronavirus empêche in fine les entreprises de tourner. D’autant que cette décision intervient juste après un sommet du G7, auquel participait Jerome Powell, le gouverneur de la Fed. Sommet pendant lequel les sept pays les plus riches de la planète n’ont pas pris d’engagements communs forts pour résoudre ensemble la crise du Coronavirus.

Pour les pays en développement, la Banque Mondiale a de son côté annoncé une aide plus opérationnelle. Elle va débloquer jusqu'à 12 milliards de dollars pour soutenir les systèmes de santé et les économies des pays affectés. L'aide viendra sous forme de prêts à taux faibles pour les pays à bas revenus, ou encore sous forme de subventions et d'assistance technique.

En Europe, la BCE (Banque centrale européenne) n’a pas non plus annoncé de décision en lien avec le Coronavirus. Christine Lagarde, la présidente de l’institution, s’est dit prête à "prendre les mesures appropriées et ciblées si nécessaire". Mais les taux directeurs sont déjà très bas en Europe. "Les marges de manœuvre de la BCE sur les taux sont très faiblesIl ne faut pas tant regarder les politiques monétaires que les politiques budgétaires," rappelait Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, le 2 mars. 

Les gouverneurs des banques centrales de la zone euro se réunissent le 12 mars à la BCE. Des décisions sont attendues à cette date. Un premier son de cloche est déjà venu de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Sur BFMTV, il appelle  "à garder la tête froide", estimant que "la politique monétaire déjà très accommodante des banques centrales était adaptée".

Arnaud Dumas, @ADumas5


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