Publié le 02 mars 2020

POLITIQUE

On attendait une crise économique mondiale en 2020 et elle s’appelle "Coronavirus"

La croissance mondiale va être durement touchée par l’épidémie de Coronavirus (Covid-19), avec une perte d’au moins 0,5 point selon l’OCDE. L’institution économique appelle les gouvernements à soutenir les entreprises pour éviter d’aggraver ce recul. De leur côté, les banques centrales tentent de rassurer les places financières toutes orientées à la baisse.

Ursula Von den Leyen Coronavirus Europe JohnThys AFP
La Présidente européenne Ursula von den Leyen a annoncé que le risque lié au coronavirus passe de modéré à élevé.
@JohnThys/AFP

Plusieurs candidats étaient pressentis pour créer une nouvelle grave crise économique mondiale en 2020 : taux bas, pertes de valeurs d’actifs, tensions géopolitiques sur les pays pétroliers… La crise a bien débuté et ses effets seraient même déjà pires en Chine qu’en 2008. Et le coupable est le coronavirus. Ce virus touche désormais presque 90 000 personnes dans le monde et a provoqué le décès de plus de 3 000 personnes. Des nombres relativement bas, mais leur conséquence est la mise à l’arrêt de nombreux centres manufacturiers chinois qui met l’économie à genoux.

L’OCDE livre la première estimation de l’impact de la pandémie sur la croissance mondiale. L’organisation économique a ramené, lundi 2 mars, sa prévision de croissance planétaire de 2,9 % à 2,4 %. La Chine perd 0,8 point à 4,9 %. Dans la zone euro, où la présidente Ursula Von del Leyen vient d’annoncer le passage du risque de modéré à élevé, la prévision de croissance recule 0,3 point, à 0,8%. Dans cette région, l’Italie est même ramenée à une croissance nulle. Les États-Unis semblent résister un peu mieux avec une révision de sa croissance de seulement 0,1 %.

Protéger les entreprises

Cette perte d'un demi-point de croissance mondiale repose sur "l’hypothèse que le pic épidémique sera atteint en Chine au premier trimestre 2020 et que dans les autres pays, l’épidémie se révélera plus modérée et circonscrite", précise l'OCDE. Une épidémie plus durable, qui s'étendrait largement en Asie-Pacifique, en Europe et en Amérique du Nord, pourrait même diviser par deux la croissance mondiale cette année, avertit l'organisation.

Pour ne pas en arriver là, "les gouvernements doivent prendre des mesures efficaces, en mobilisant des moyens suffisants, pour prévenir l’infection et la contagion", et de "préserver les revenus des groupes sociaux et des entreprises vulnérables pendant l’épidémie", prévient l’organisation internationale. Message entendu par le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire. Il reconnaît que l’impact de l'épidémie sur la croissance française est "beaucoup plus significatif" que ce qu'il prévoyait jusqu'à ici, à savoir 0,1 point.

Il assure être prêt à "débloquer ce qu'il faudra" pour venir en aide aux entreprises françaises. "Nous ferons preuve d'une solidarité totale vis-à-vis de tous les entrepreneurs qui aujourd'hui sont en première ligne", a-t-il assuré. Plus de détails pourraient être connus après une réunion téléphonique mercredi 4 mars du G7 et de l’Eurogroupe. "Nous aurons aussi une réunion des ministres des Finances de la zone euro pour coordonner nos réponses", explique le ministre.

Garder la tête froide

D’ores et déjà, les banques centrales montent au créneau après les chutes historiques des bourses la semaine passée. Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a assuré que son institution "garantira la stabilité des marchés financiers" en y injectant des liquidités. De son côté, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell a assuré que l'institution se tenait prête à intervenir si nécessaire. Des messages positifs qui ont rassuré les places financières, endiguant un peu la frénésie baissière.

"Nous maintenons notre avis selon lequel seule une action de politique monétaire de la part de la Fed pourrait être en mesure de rétablir au moins pour un certain temps un semblant de sérénité sur les marchés financiers", ont déclaré les économistes de Saxo Banque. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, appelle de son côté "à garder la tête froide". Sur BFMTV, il estime "que la politique monétaire déjà très accommodante des banques centrales était adaptée".

Ludovic Dupin @LudovicDupin


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

POLITIQUE

Politique

Les acteurs politiques sont les seuls à même d'activer les grands leviers qui permettront, à grande échelle, la transformation responsable de l'économie et de la finance. Des conditions sine qua nonpour s'orienter vers un modèle soutenable.

Mario Centeno Eurogroup Conseil europeen

Les ministres des finances européens peinent à faire front commun contre le coronavirus

Ils ont passé la nuit à négocier sur des dispositifs de soutien à l’économie, sans succès. Les ministres des Finances européens, réunis dans l’Eurogroupe, n’ont pas encore réussi à s’accorder sur un plan commun. L’idée d’une dette commune, émise notamment par la France, demeure un point...

Coronavirus : les assureurs appelés à s'engager de plus en plus dans l'effort de solidarité nationale

Alors qu'ils viennent de verser 200 millions d'euros dans le fonds de solidarité dédié aux entreprises en difficulté et que les initiatives se multiplient comme la Maif qui va reverser 100 millions d'euros à ses abonnés, le gouvernement appelle le secteur à aller plus loin. Les entreprises et...

Bruno Le Maire Coronavirus EricPiermont AFP

Coronavirus : l'étau se resserre sur le versement des dividendes des grandes entreprises

Le ministre de l’Économie recommande aux entreprises de ne pas verser de dividendes lorsqu’elles ont recours au chômage partiel. Une préconisation un peu plus forte que celle qu’il avait formulée quelques jours plus tôt. De son côté, l’association des grandes entreprises demande à ses adhérents de...

Justin Godart le general Sarrail et le medecin inspecteur Ruotte devant l ambulance

[À l’origine] Le ministère de la santé, en première ligne face au Coronavirus, né de l’hygiène publique et de la guerre

Depuis plusieurs semaines, le ministère de la Santé tient le compte des malades et des morts en France des suites de l’épidémie de Coronavirus. Et il martèle aux Français de rester de chez eux et de respecter les gestes barrières. Ce ministère, sous sa forme actuelle, existe dans tous les...