Publié le 13 mars 2018

INFOGRAPHIES & VIDÉOS

[INFOGRAPHIE] Alerte sur les importations de produits bios

Tout le monde se met au bio, y compris la grande distribution. Face à cette explosion de la demande, certains craignent de voir les importations s’envoler. Pour l’instant, le volume augmente, mais leur part reste constante. 76 % des produits bio consommés sur le territoire proviennent de France. Mais cet équilibre pourrait bien s’inverser.

Chaque année, la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB) organise une semaine de sensibilisation pour consommer bio et local.
@bioetlocal.org

La demande en produits bio a augmenté de 400 % en dix ans, tandis que les surfaces agricoles dédiées n’ont augmenté "que" de 300 %. Si cet écart continue de se creuser, avec l’essor du bio en grandes surfaces notamment, certains craignent que les producteurs français ne puissent plus faire face et que la part des importations s’envolent. Or, bio n’est pas forcément synonyme de bon pour la planète si le produit a parcouru des milliers de kilomètres avant d’arriver dans votre assiette.

En 2016, les importations ont représenté 24 % des produits bio consommés en France. Près de la moitié de ces importations correspondent à des produits exotiques que l’on ne produit pas en France métropolitaine comme les fruits exotiques (bananes, ananas, mangues), le cacao ou encore le café. Et 30 % sont des achats relais ou compléments de gamme.

Hors saison

"Il est impossible d’arriver à 100 % de bio local et être en circuit clos peut avoir des limites en cas de mauvaise année météo. Par ailleurs, on importe également des produits hors saison en France avec quelques mois d’avance pour répondre à la demande des consommateurs (aubergine ou courgette par exemple) et ainsi élargir la saison", explique Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio, qui fournit des données sur l'agriculture biologique.

25 % de la charcuterie bio importée

En revanche, il y a des productions françaises qui sont franchement en retard. "25 % de notre charcuterie bio provient actuellement du Danemark ou des Pays-Bas parce que la part de bio dans la production française n’est que de 0,5 %", précise Florent Guhl. "De même, dans la production céréalière, si on passait de 2,3 à 4 % de surface en bio, nous serions autosuffisants." 

Le gouvernement s’est fixé comme objectif d’atteindre 15 % de la surface agricole française en bio d’ici 2022, contre 6,5 % aujourd’hui. "Cela reviendrait à combler la demande avec ce que nous pourrions produire dans l'Hexagone, analyse le directeur de l’Agence bio. Mais maintenant que nous sommes identifiés comme un pays ayant une forte demande, la tentation va être forte, notamment pour les grandes enseignes, d’aller chercher du bio ailleurs." 

Ainsi, avant de se jeter sur le rayon bio, il est important de bien lire les étiquettes et de privilégier du bio local avec des produits de saison. "Les circuits courts sont également à privilégier, conseille Florent Guhl, afin de réduire le nombre d’intermédiaires, quitte à ce que ce ne soit pas bio, la conversion pouvant intervenir dans un second temps."   

Concepcion Alvarez  @conce1


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