Publié le 23 mars 2018

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Bruxelles autorise le mariage entre le géant des OGM Monsanto et celui de la chimie Bayer

Le mariage aura bien lieu. Malgré le risque de monopole, la Commission européenne a donné son aval à la fusion entre le géant des OGM Monsanto et, celui de la chimie, Bayer. Ce dernier a accepté de céder toutes ses activités liées à l'agrochimie. Une mesure qui ne suffit pas à calmer les opposants à ce mariage. 

Les opposants à la fusion Bayer-Monsanto dénoncent un risque de monopole sur les semences.
ONG

Malgré les contestations, la Commission européenne a donné son aval, jeudi 22 mars, au rachat du géant des pesticides et des OGM, Monsanto, par l’Allemand Bayer, spécialiste des médicaments et de la chimie. Une fusion très décriée par les associations environnementales, car elle pourrait permettre à cette nouvelle entreprise d’avoir le monopole sur plusieurs activités de ces deux secteurs. 

Bayer cède toutes ses activités agrochimiques 

Mais la Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, l’affirme : "Nous avons autorisé le projet de rachat de Monsanto par Bayer parce que les mesures correctives proposées par les parties, qui dépassent largement les 6 milliards d'euros, répondent pleinement à nos préoccupations en matière de concurrence".

Concrètement, Bayer a accepté de céder pour près de 6 milliards d’euros ses activités agrochimiques à BASF, autre groupe chimique allemand. Dans le détail, selon Le Monde, il abandonne "la quasi-totalité de son département de semences, y compris son organisation de recherche et développement, certains de ses pesticides, ainsi qu’une licence sur une copie de son offre actuelle et de ses produits en cours de développement en matière d’agriculture numérique". 

Monsanto risque d'échapper à la justice 

Sans surprise, cette décision a été vivement critiquée par plusieurs ONG dont Friends of the Earth Europe qui appelait à "bloquer cette fusion profondément impopulaire". "Plus d’un million de citoyens ont exhorté Mme Vestager à bloquer cette fusion infernale", plaidait-elle. 

Plusieurs spécialistes dont la journaliste Marie-Monique Robin et l’ancienne ministre Corinne Lepage craignent que ce mariage permette à Monsanto d’échapper aux milliers de plaintes des victimes du glyphosate. Mais les dés ne sont pas encore jetés. Encore deux autorités américaines doivent donner leur autorisation à cette fusion à 51 milliards d’euros.

Marina Fabre @fabre_marina avec AFP


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