Publié le 29 mai 2021

ENVIRONNEMENT

Pandora renonce aux diamants naturels par soucis éthique et environnemental

Pandora, l’un des plus gros bijoutiers au monde, a annoncé le 4 mai qu’il renonçait aux diamants naturels issus des mines pour se tourner exclusivement vers des gemmes de synthèse fabriquées en laboratoire. Cette alternative répond au double défi de la traçabilité et de l'impact environnemental d'un secteur dont la réputation a été considérablement entachée par les diamants du sang. 

Diamants pixabay Cherie Vilneff
Il est impossible de différencier, à l'oeil nu, un diamant naturel d'une gemme synthétique.
Pixabay / Cherie Vilneff

Exit les diamants de mine. Le groupe danois Pandora, qui est spécialisé dans les bijoux d'entrée de gamme, va n'utiliser que des diamants de laboratoire, a-t-il indiqué dans un communiqué. Présentée cette semaine au Royaume-Uni, Pandora a lancé sa première collection utilisant des diamants de synthèse et devrait l’étendre au niveau mondial l’année prochaine. Ce choix "est une preuve du programme ambitieux que nous menons pour être plus durables", a souligné le PDG du groupe, Alexander Lacik.

Et de fait les diamants de synthèse accumulent les bons points. Le secteur du diamant jouit d’une très mauvaise réputation quant au respect des droits humains et du travail illégal. Avec les diamants fabriqués en laboratoire, fini le problème de traçabilité et le risque de manipuler des diamants du sang, ces pierres précieuses dont la vente alimente des conflits en Afrique. 

Une tendance de fond

Côté impact environnemental, là aussi le diamant de synthèse est présenté comme gagnant. "Pour les diamants traditionnels, on a besoin de creuser pour aller chercher le diamant. Pour trouver un carat de diamant, soit 0,2 gramme, il faut détruire entre 250 et 350 tonnes de minerais. Les plus gros trous faits par l’Homme sur la Terre sont des mines de diamants", expliquait Manuel Mallen, président de Courbet à Novethic, lors de l’installation de sa marque de diamants synthétiques en 2018 place Vendôme.

Quant aux émissions de CO2, les producteurs de diamants naturels estiment remporter le duel. Le processus de fabrication des diamants en laboratoire nécessite de hautes températures, gourmand en énergie. Mais Pandora assure que sa collection a été produite avec une moyenne de 60 % d'énergies renouvelables, et ce chiffre doit atteindre 100 % l'an prochain. Cette annonce intervient près d’un an après que le groupe s’est fixé comme objectif de fabriquer la totalité de ses bijoux à partir d’or et d’argent recyclés d’ici 2025. Le choix du diamant de synthèse s’inscrit dans cette volonté de durabilité qui est une tendance de fond dans le secteur. 

En 2018, le plus grand producteur minier de diamants, De Beers, qui assurait qu’il ne vendrait jamais de pierres précieuses issues d’un laboratoire, a décidé de s’attaquer à ce marché, provoquant un vrai changement culturel dans ce milieu. Si les gemmes de synthèse représentent encore un marché de niche avec 7 millions de carats de laboratoire produits en 2020 contre 111 millions pour les diamants de mine, il est en pleine croissance contrairement à la production de diamants extraits qui est en chute libre. Il faut dire que les pierres de laboratoire ont un atout de taille : elles seraient un tiers moins chères à produire que les diamants de mine, assure Alexander Lacik. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP


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