Publié le 25 juillet 2018

ENVIRONNEMENT

[Un danger nommé plastique] Le plastique biodégradable, une fausse solution à la pollution des océans

Le plastique dans tous ses états. Novethic vous propose cette semaine de comprendre les enjeux d'un monde qui ne jure que par ce dérivé du pétrole. Aujourd'hui, focus sur les sacs en plastique biodégradable souvent présentés et perçus comme une alternative à la pollution des océans. Or, pour qu’ils se dégradent, il faut des conditions bien particulières.

Selon l'Ademe, si le sac n'entre pas dans une installation de compostage, il n'apporte que peu de bénéfice.
@Pixabay

Avec l’interdiction des sacs en plastique à la caisse, une nouvelle génération de sacs dits bioplastiques a fait son apparition. Il s’en est fabriqué 2 millions de tonnes en 2017, contre 348 millions de tonnes de plastique. Biosourcés et/ou biodégradables, ils se posent comme une alternative écologique.

Le terme générique "bioplastiques" peut prêter à confusion car il désigne à la fois des plastiques biosourcés (fabriqués à partir de composants naturels renouvelables), et des matières plastiques biodégradables (pouvant être détruites par des micro-organismes au contact de l’air ou de l’eau). Mais, certaines matières biodégradables ne sont pas biosourcées et proviennent parfois de ressources fossiles. De même, tous les plastiques biosourcés ne sont pas forcément biodégradables.

Ingérés avant d’être dégradés

Les sacs biodégradables sont particulièrement vantés pour leur fin de vie supposée plus écologique. Cela est effectivement le cas, mais uniquement dans des conditions bien particulières qui sont rarement réunies dans la nature. Et même quand c’est le cas, le processus prend plusieurs mois. Dans les mers et les océans, ces plastiques pourraient ainsi se retrouver ingérés par les animaux bien avant qu'ils n'aient eu le temps nécessaire pour se dégrader représentant ainsi la même menace pour la vie marine que les plastiques conventionnels.

"Ces produits sont présentés comme une alternative aux plastiques, permettant de réduire la pollution des océans, mais c’est faux. Pour cela, il faudrait qu’ils soient en contact avec une température d’au moins 50°C, ce qui ne sera jamais le cas dans les profondeurs océaniques", avait affirmé au Guardian Jacqueline McGlade, alors directrice scientifique du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Ce dernier a publié en 2016 un rapport dans lequel il assure que ces plastiques ne seraient que très peu efficaces, pour protéger la planète et les êtres vivants des océans.

Améliorer le recyclage

Pour l’Ademe, qui s’est également intéressée au sujet, "si le sac n'entre pas dans une installation de compostage, il n'apporte que peu de bénéfice". En effet, pour que sa décomposition soit efficace, elle doit s'effectuer dans un composteur industriel, où les plastiques sont mélangés à de grandes quantités de biodéchets, ou dans des composteurs individuels, chez les particuliers. Cela suppose donc des investissements pour les trier et les collecter séparément, or pour l’instant la filière est quasi-inexistante.

L’Ademe rappelle que les sacs biodégradables ne doivent en aucun cas être jetés dans la nature. Et plutôt que de choisir des plastiques biodégradables, les Nations unies préconisent d’améliorer la collecte et le recyclage des plastiques, en particulier dans les pays en développement. "Il faut clairement faire évoluer la production des plastiques vers une économie circulaire", concluent les auteurs. La meilleure arme contre la pollution plastique sera donc toujours de limiter au maximum son utilisation.

Concepcion Alvarez @conce1


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