Publié le 09 juillet 2018

ENVIRONNEMENT

Rejets toxiques : Sanofi suspend sa production dans l'usine qui fabrique la Dépakine

[Mise à jour le 10 juillet 2018] La production du site de Sanofi à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) a été suspendue lundi 9 juillet suite au tollé provoqué par les révélations de rejets toxiques dans l'air à des taux astronomiques. Le gouvernement annonce ce mardi 10 juillet que l'usine ne rouvrira pas avant d'avoir été mise en conformité. Celle-ci produit la Dépakine, un antiépileptique ayant causé des malformations congénitales majeures. Des associations pourraient porter plainte contre le groupe pharmaceutique.

Sanofi a suspendu la production de son usine de Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques, après des révélations de rejets toxiques hors norme.
MEHDI FEDOUACH / AFP

[Mise à jour le 10 juillet 2018] La production du site de Sanofi à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques, a été suspendue lundi 9 juillet. La veille, des révélations sur des rejets toxiques dans l'air à des taux astronomiques avaient suscité un véritable tollé. Un rapport d'inspection avait en effet relevé un taux de bromopropane 190 000 fois supérieur à la normale en mars dernier. Ce composé entre dans la fabrication de la Dépakine, un antiépileptique controversé, et est classé comme cancérogène, mutagène et reprotoxique (baisse de la fertilité et malformation des fœtus) possible par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La Dreal de Nouvelle-Aquitaine avait alors mis en demeure Sanofi de prendre les "mesures d’urgence" pour respecter les normes dans un délai de trois mois, c’est-à-dire d’ici fin juillet, sans demander sa fermeture. Mais ce mardi 10 juillet, le gouvernement a réagi plus fermement. "Toutes les conditions en matière d'émissions et d'absence de risques pour les salariés et les riverains devront être réunies pour que l'État puisse autoriser une reprise de l'activité du site", indique un communiqué du ministre de la Transition écologique et de la ministre de la Santé. 

Sanofi mise en demeure d’effectuer des travaux

L’usine a l'autorisation d'émettre "cinq composés organiques volatils (bromopropane, toluène, isopropanol, valéonitrile et propène) dans l'air dans la limite globale de 110 mg/m3. Il en émet en réalité 770 000 mg/m3, soit 7 000 fois plus que la norme autorisée", affirme FNE (France Nature Environnement) dans un communiqué. Ces mesures ont été prises près des colonnes d’abattage qui servent à traiter le gaz avant de le rejeter. Or une inspection datant de septembre avait révélé qu’une seule des trois colonnes faisaient l’objet de contrôles de la part du groupe pharmaceutique alors que ceux-ci sont obligatoires.

Sanofi s'est expliqué dans un communiqué : "Sanofi Chimie décide d’engager dès aujourd’hui l’arrêt de la production de son site de Mourenx, et d’opérer les améliorations techniques annoncées et indispensables à un retour à la normale". Une enquête interne va par ailleurs être diligentée "pour mieux comprendre les causes et l’historique de la situation". Plus tôt dans la journée, l'industriel avait assuré que "les populations n'étaient pas exposées à des niveaux supérieurs aux seuils fixés par la réglementation" d’après les résultats d’une étude d'impact sanitaire commandé "auprès d'un organisme indépendant".

La FNE envisage de déposer plainte prochainement aux côtés de la Sepanso, la fédération régionale d’associations de protection de la nature en Aquitaine, qui estime que les rejets excessifs ont commencé dès 2012, lors d'un changement de procédé de fabrication sur le site.

Concepcion Alvarez @conce1


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