Publié le 03 août 2018

ENVIRONNEMENT

Pollution : 100 fois plus de particules ultra fines sur un ferry qu’au cœur de la ville

L’association France Nature Environnement (FNE) a pris le large direction la Corse. L’ONG y a posé ses bagages remplis de capteurs pour mesurer le taux de pollution des navires entrant et quittant les ports de Bastia et Ajaccio. Résultat : des taux de particules ultra fines jusqu’à 100 fois plus importants qu’en ville.

FNE demande à ce que la mer Méditerranée soit classifiée en zone d'émissions contrôlées.
@Corsica Ferries

Dans les ports corses, c'est un ballet incessant de ferries et navires de croisières qui arrivent de Côte d’Azur, d’Italie ou d’Espagne. Et avec eux des nuées de pollution (particules fines, soufre, black carbone). Dans un communiqué publié le 25 juillet, l'association France Nature Environnement révèle les résultats de ses mesures de la qualité de l’air sur l’île de Beauté.

Il apparaît que la pollution est 37 fois plus élevée à Bastia quand des ferries partent ou arrivent au port, et encore 10 fois plus élevée dans un périmètre de 2 kilomètres autour du port que dans une ville sans bateaux. À bord d’un ferry Bastia-Livourne, l’association a enregistré jusqu'à 100 fois plus de particules ultra-fines sur un ferry Bastia-Livourne avec un "pic de 230.000 particules ultrafines par cm3" contre 2 000 en ville.

Zone d'émissions contrôlées en Méditerranée

Pour lutter contre cette pollution, l'association appelle en premier lieu à "la classification de la mer Méditerranée en zone ECA", une zone d'émissions contrôlées qui "interdira l'utilisation du fuel lourd particulièrement polluant". Ces zones ECA, mise en place par l'organisation maritime internationale, existent déjà en Amérique du Nord et dans la zone maritime Caraïbe des États-Unis. Deux autres vont être créées en mer Baltique et en mer du Nord en 2021. Les navires y transitant ne peuvent pas utiliser de carburant contenant plus de 0,1 % de soufre.

France Nature Environnement souhaite également l'installation de "systèmes d'alimentation électrique à quai" afin d'éviter que les navires ne brûlent du carburant lorsqu'ils sont stationnés dans le port. En janvier dernier, Corsica Linea a annoncé son intention d'équiper trois de ses navires faisant la liaison Marseille-Corse afin de les alimenter en électricité pendant les escales marseillaises. Le dispositif doit être opérationnel en 2019.

L'association appelle enfin à instaurer "un bonus-malus dans les tarifs des droits portuaires" afin que les navires les plus polluants soient incités financièrement à réduire leurs pollutions. En avril dernier, les 173 États membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) se sont accordés pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 50 % d'ici 2050, par rapport au niveau de 2008. Le transport maritime était le dernier secteur de l’économie mondiale à rester à l’écart de l’Accord de Paris sur le climat. Il serait responsable de 400 000 morts prématurées chaque année, dont 60 000 en Europe.                                   

Concepcion Alvarez, @conce1


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