Publié le 18 mars 2019

ENVIRONNEMENT

Environnement : j’ai testé l’Écotrail pour courir plus responsable

Depuis 11 ans, l’Écotrail est une course à pieds qui vise à allier découverte de la nature francilienne et respect de l’environnement. Force est de constater que les courses officielles ne sont pas avares de déchets de toute nature en commençant par les bouteilles et gobelets en plastique. Alors, histoire de savoir si cette course est vraiment plus verte que les autres, Novethic a pris le départ ce 16 mars.

Le 16 mars, l'Écotrail a réuni plus de 11 500 coureurs pour découvrir la nature francilienne.
@Novethic

Je crains que mon bilan environnemental de coureur ne soit pas très bon. Au fil des kilomètres parcourus ces quatre dernières années, j’ai abandonné sur les routes de courses officielles des dizaines de bouteilles d’eau à peine entamées, d’innombrables peaux d’oranges rapidement croquées et parfois laisser tomber - par accident - des emballages de barres de céréales. Du coup, à l’heure où mes collègues sont allés se joindre aux cortèges de la Marche du siècle pour le climat du 16 mars, je suis allé faire vibrer ma fibre écologique sur le parcours de l’Écotrail. 
 
Ce trail francilien a pour but de "sensibiliser les coureurs à l’éco-responsabilité", assurent les organisateurs. Parmi les différents parcours proposés, c’est sur la distance de 45 kilomètres (qui en fait en réalité 47 !) que je m’engage. La veille de la course, lors du retrait du dossard, le ton est donné. Un homme avec une grande pancarte siglée du WWF et de l’Office national des forêts (ONF) nous invite à signer la charte de respect de la nature et de solidarité.

Charte coureur 2 @LD

En ouvrant l’enveloppe du dossard, je découvre deux petites surprises. D’abord, une mini-poubelle à accrocher (obligatoirement) à son sac pour y mettre ses petits emballages de pâtes de fruits et autres barres énergétiques que nous consommerons pendant la course. Ensuite, un ticket pour rejoindre en train le départ au château de Versailles depuis la gare Montparnasse. Cela permet d’inciter tous les coureurs à privilégier les transports en commun plutôt que la voiture.

Toilettes sèches et poubelles multiples

Au matin du 16 mars, nous sommes plus de 1 700 à côté du Grand Canal du château de Versailles prêts à partir. Les bénévoles et le speaker ne cessent de nous rappeler les règles de bonne conduite vis-à-vis de la nature. Ici, devant un petit point de restauration, l’un d’entre eux nous explique comment jeter nos déchets dans les trois types de poubelles à disposition : déchets recyclables, non recyclables et compostables. Plus loin, un autre, nous tend des seaux remplis de copeaux de bois pour utiliser les toilettes sèches…Sans lui, nous aurions été beaucoup à ne pas savoir trop quoi en faire.

Premier ravoto @Ecotrail

À 10h45, nous rentrons dans le sas de départ bordé de grandes oriflammes du WWF, un salut au panda de l’ONG et c’est parti. Après avoir traversé une grande partie du parc du château, nous nous engageons dans la forêt sur un bon rythme. Au 13e kilomètre, j’entends Lise, avec qui je cours depuis le début, pousser un juron. Inquiet qu’elle se soit blessée, je me retourne pour la voir en train de ramasser par terre un tube en plastique de gel énergétique abandonné par un coureur précédent.

"J’espère qu’il ne l’a pas fait exprès", menace-t-elle en fourrant le détritus dans la petite poubelle accrochée à son porte-dossard. De mon côté, je me dis qu’un seul tube après plus d’une dizaine de kilomètres et le passage de centaines de coureurs, ce n’est pas si mal. Les participants ont l’air de jouer le jeu. Dans les 34 bornes qui nous séparent encore de l’arrivée, la situation ne se reproduira que deux fois.

Pas de gobelet, pas d’eau !

Au 26e kilomètre, à Chaville, premier ravitaillement. Rebelotte, les bénévoles hyper attentionnés prennent le temps de nous dire où jeter nos déchets… ce qui n’est pas un luxe quand la lucidité fait défaut. J’en suis la preuve quand un organisateur m’arrête d’un "Non monsieur" alors que j’allais jeter le papier d’un pansement dans une poubelle de déchets recyclables. "Pardon de vous embêter", sourit-il, mais c’est moi qui le remercie de m’avoir détrompé.

À ce ravito comme au suivant au Parc de Saint-Cloud au 36e kilomètre, pas de gobelets plastiques à disposition. Il faut sortir de son sac son petit récipient personnel pour accéder au coca, aux boissons énergétiques ou juste à l’eau. Et pas de dérogation possible. Pour le traileur qui a oublié le sien, il faudra faire appel à la solidarité des autres. Un peu sceptique sur cet encombrement au départ, je m’aperçois que cela ne pose finalement aucun souci.

Photo arrivée @ecotrail

Au kilomètre 38, nous rejoignons les quais de Seine en direction du Trocadéro où se situe l’arrivée. Après avoir couru plus de cinq heures en pleine nature, longer les quais et le flot de voitures coupe un peu les jambes et fait mal aux poumons. Heureusement que la vue de la Tour Eiffel puis de l’arche d’arrivée - verte forcément – donne un ultime sursaut d’énergie.

Une fois au bout du parcours, pas de médaille, mais un beau t-shirt – vert lui aussi – où l’on peut voir inscrit "Finisher" sous une feuille de chêne. Quelques heures après l’épreuve, ces 5h50 d’effort me refont penser – avec un peu de gène – aux dizaines de gobelets que j’ai pu abandonner sur les routes du Paris-Versailles, du semi-marathon de Boulogne et des multiples 10 kilomètres parcourus dans la région. La mission de sensibilisation de l’Écotrail a très clairement atteint son objectif.

Ludovic Dupin, @LudovicDupin


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