Publié le 13 juin 2017

ENVIRONNEMENT

Nicolas Hulot veut mettre en place la taxe européenne sur les transactions financières

En marge du sommet des ministres de l’Environnement du G7, qui s’est clôturé lundi 12 juin à Bologne en Italie, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a dit vouloir avancer sur la question des financements innovants. Il met en avant la taxe sur les transactions financières, vieux serpent de mer au sein de l’Union européenne.


En marge de la réunion des ministres de l’Environnement du G7 à Bologne, Nicolas Hulot a assuré vouloir "très rapidement travailler sur des financements innovants", y compris la taxe sur les transactions financières (TTF), dont l’avancement est au point mort en Europe.

En pourparlers depuis six ans, cette taxe n’est plus portée que par 10 pays européens (1), dont la France, qui peinent à se mettre d’accord sur ses contours. La TTF permettrait notamment de financer les politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Le nouveau président Emmanuel Macron a dit lui-même vouloir la valider "d’ici la fin de l’été", lors d'une rencontre avec les ONG.

Mais le projet a encore été retiré de l’ordre du jour du dernier conseil des ministres de l’Economie et des Finances européens fin mai, à la demande de… Bruno Le Maire, le nouveau ministre de l’Économie.

Manque deux milliards de dollars

Sur les autres sujets liés au climat, Nicolas Hulot assure que "la France veut aller plus vite dans la lutte contre le réchauffement climatique, en dépit du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, qui pose un grave problème de financement  pour venir en aide aux pays les plus touchés par les effets du réchauffement climatique". Les États-Unis s’étaient engagés à contribuer au financement du fonds vert pour le climat, à hauteur de trois milliards de dollars, dont un milliard déjà versé.

Pour autant, Nicolas Hulot a jugé qu’il ne fallait pas céder au "catastrophisme" face au retrait américain de l’Accord de Paris. Il assure que cet accord "irréversible" est "le seul cadre juridique des négociations". "Dans le contexte que nous connaissons, la réponse de la communauté internationale reste unanime et soudée pour rappeler que l’Accord de Paris n’est pas renégociable car on ne négocie pas le sort de la planète".

Un accord sur le climat à 6

Au terme du G7 Environnement, l’Italie, le Canada, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et la France ont fait front commun pour défendre l’Accord de Paris face à des États-Unis encore une fois bien isolés. Au moment de la signature du communiqué final, Washington a tenu à rajouter une note de bas de page. Elle précise que les États-Unis poursuivront l’effort de réduction des émissions de CO2 "d’une façon conforme à [leurs] priorités intérieures, préservant à la fois une économie forte et un environnement sain".

"Cette déclaration du G6 définit un nouveau leadership en matière de climat" a réagit Laurence Tubiana, à la tête de la Fondation européenne sur le climat. "Cet esprit de résolution, d’engagement et de leadership doit maintenant unir les chefs d’État et de gouvernement en amont du G20", qui aura lieu à Hambourg en Allemagne les 7 et 8 juillet.

Concepcion Alvarez @conce1

(1) France, Allemagne, Belgique, Portugal, Autriche, Slovénie, Grèce, Espagne, Italie, Slovaquie.

 

 


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