Publié le 11 janvier 2021

ENVIRONNEMENT

One Planet Summit : la Caisse des Dépôts lance un grand plan en faveur de la biodiversité

L’un des plus grands investisseurs institutionnels français, la Caisse des Dépôts, veut montrer l’exemple en matière de protection de la biodiversité. À l’occasion du One Planet Summit du 11 janvier 2021, le groupe a annoncé un vaste plan d’action portant sur ses activités et celles des entreprises dans lesquelles il investit.

Castor office francais de la biodiversite
La Caisse des Dépôts annonce vouloir atteindre un objectif de zéro artificialisation nette de son parc immobilier.
@OFB

La protection de la biodiversité est au cœur de l’année 2021. Ce combat sera mis sur le devant de la scène mondiale au second semestre lors de la COP15 biodiversité à Kunming en Chine. En amont, la France a pris l’initiative d’organiser un One Planet Summit ce 11 janvier dédié au financement de la protection de la nature. À cette occasion, la Caisse des Dépôts (CDC, actionnaire de Novethic) engage un vaste plan d’actions.

Tout d’abord, "la Caisse des Dépôts s’engage à mesurer l'empreinte sur la biodiversité de l’ensemble de ses portefeuilles d’actifs (actifs immobiliers, actions, obligations) d’ici 2024", écrit la banque publique. La problématique de la mesure est l’une des difficultés majeures de la question de la biodiversité. Pour y parvenir, la CDC met en avant le Global Biodiversity Score lancé par sa filiale CDC Biodiversité. Un outil plébiscité par plusieurs grandes entreprises. Jean Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric, en a ainsi fait la promotion lors du One Planet Summit.

Ensuite, la CDC s’engage à interroger les entreprises dont elle est actionnaire sur leur stratégie de préservation de la biodiversité, à raison de deux secteurs d’activité par an, en commençant par l’agro-alimentaire et la chimie. "En interrogeant les entreprises dans lesquelles nous investissons sur les impacts de leur chaîne de valeur et leurs engagements, nous entendons susciter un mouvement en faveur de la biodiversité", assure Nathalie Lhayani, directrice de la politique durable du groupe. Ce dialogue actionnarial pourra se matérialiser par le vote de résolutions en Assemblée générale, prévient la Caisse.

Définir des indicateurs communs

Enfin, alors que les besoins financiers pour préserver la biodiversité sont considérables – estimés entre 150 et 440 milliards de dollars selon The Biodiversity Finance Initiative – la CDC, à travers la Banque des Territoires va investir trois milliards d’euros d’ici 2024 dans des projets de préservation de la biodiversité (réseaux d’eau, traitement et recyclage des déchets, limitation de l’artificialisation des sols). La CDC s’engage elle-même à un objectif de zéro artificialisation nette sur ses actifs immobiliers.

D’autres acteurs ont pris aussi des engagements. C’est le cas de Mirova, HSBC Pollination Climate Asset Management et Lombard Odier, qui ont formé la Natural Capital Investment Alliance. Ensemble, ils espèrent mobiliser les acteurs de la finance pour orienter jusqu’à 10 milliards de dollars sur le thème du capital naturel d’ici 2022. "Mirova a pour ambition de permettre que le capital naturel devienne un thème d’investissement à part entière", explique son PDG Philippe Zaouati.

Les acteurs financiers se regroupent de plus en plus en coalition pour mener le combat de la biodiversité. Celui-ci se révèle encore plus complexe que celui pour le climat. "La question de la biodiversité est un sujet émergent porté à ce stade par les acteurs financiers les plus engagés et les banques publiques. La première raison est un manque de données. Dans le cadre de la plateforme Finance for Biodiversity, l’objectif de la CDC est notamment de faire émerger des standards de place communs. Il nous faut aussi, comme pour le climat, une cible englobante à horizon 2030 ou 2050", explique Nathalie Lhayani.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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