Publié le 19 janvier 2021

ENVIRONNEMENT

Déforestation : l'équivalent des deux tiers de la France disparu en 13 ans dans le monde

Environ 43 millions d’hectares de forêts ont été perdus entre 2004 et 2017 sur vingt-quatre fronts de la déforestation dans le monde, d’après un rapport du WWF publié mercredi 13 janvier. L’agriculture intensive et l'exploitation minière en sont les principaux facteurs. 

Déforestation Amazonie istock
La déforestation en Amazonie s'accélère massivement ces dernières années.
@luoman

La pandémie a relégué au second plan l'enjeu de la déforestation, au coeur des préoccupations environnementales de l'année 2019. Un rapport du WWF, rendu public mercredi 13 janvier, a remis la problématique au centre de l'attention : entre 2004 et 2017, 43 millions d'hectares ont été détruits sur les principaux fronts de déforestation dans le monde. Cette superficie est équivalente aux deux tiers de la surface de la France.

L'ONG environnementale a répertorié et analysé vingt-quatre "points chauds", localisés dans trente pays. Ils représentent un cinquième des forêts tropicales dans le monde. Neuf se situent en Amérique latine, huit en Afrique et sept en Asie-Pacifique et concentrent à eux seuls 52 % de la déforestation tropicale.  Les zones les plus affectées sont l'Amazonie brésilienne et la région du Cerrado au Brésil, l'Amazonie bolivienne, le Paraguay, l'Argentine, Madagascar, et les îles de Sumatra et Bornéo en Indonésie et en Malaisie.

L’agriculture commerciale et l’exploitation minière en cause

Sans surprise, l'agriculture intensive est le premier facteur de la déforestation dans ces régions. Elle conduit au défrichement de nombreuses parcelles pour l’élevage ou les cultures, en lien notamment avec la production de bœuf ou de soja en Amérique du Sud, et à l’huile de palme en Asie. La région brésilienne du Cerrado est, par exemple, particulièrement affectée par le développement de l'agriculture avec une perte de plus de 30% de sa surface forestière totale entre 2004 et 2017.

Le secteur minier, la construction d’infrastructures, notamment routières, et l'industrie forestière sont aussi pointés du doigt dans le rapport comme d'importants facteurs de déforestation. Plus surprenant, WWF a également identifié l'agriculture vivrière, celle destinée à l'autoconsommation, comme un moteur du déboisement, notamment en Afrique.

Des forêts plus vulnérables

Les forêts restantes n’en sont pas moins fragilisées : selon l'ONG, 45 % des surfaces forestières qui ne sont pas détruites sont aujourd'hui dégradées. La construction de routes et d’infrastructures fragmente les forêts et les rend plus vulnérables au changement climatique et aux feux. "La mauvaise gestion des forêts mondiales favorise les émissions de carbone, ravage la biodiversité, détruit des écosystèmes vitaux et affecte la subsistance et le bien-être des communautés locales et des sociétés en général", avertit Marco Lambertini, directeur général du WWF.

De plus, la destruction de l’habitat des espèces sauvages favorise leur contact avec les humains, et donc la transmission à l'homme de maladies d'origine animale, comme la covid-19. La patronne de la branche française de l'ONG, Véronique Andrieux, a ainsi alerté sur "l'importance de protéger la nature et en particulier de préserver nos forêts, notamment pour prévenir les prochaines pandémies. (...) Sans forêts vivantes nous n'aurons pas de planète et d'humains en bonne santé".

Pauline Fricot, @PaulineFricot


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