Publié le 24 avril 2019

ENVIRONNEMENT

Un million d'espèces animales et végétales seraient menacées d'extinction selon l'ONU

Sur les huit millions d'espèces végétales et animales présentes sur Terre, près d'un million pourraient disparaître dans les prochaines décennies selon un rapport de l'ONU sur la biodiversité. Une étude qui vient confirmer la "sixième extinction de masse" attribuée à l'Homme. 

©CC0
À Madagascar 95 % des lémuriens sont menacés d'extinction à cause de la déforestation et du braconnage.

L'Homme dépend de la nature mais la détruit méthodiquement. Jusqu'à un million d'espèces animales et végétales pourraient être menacées d'extinction, dont beaucoup "dans les prochaines décennies", selon un projet de rapport de l'ONU sur la biodiversité, obtenu par l'AFP.

Eau potable, forêts qui absorbent le CO2, insectes pollinisateurs nécessaires aux cultures, poissons... La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) va se réunir du 29 avril au 4 mai à Paris pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans. L'état des lieux de la biodiversité devrait être aussi inquiétant que les prévisions sur le changement climatique.

La sixième extinction de masse

Selon le projet de résumé obtenu par l'AFP, diverses "preuves indépendantes signalent une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces (...) même si les facteurs (de cette extinction) ne s'intensifient pas". Sur les 8 millions d'espèces estimées (dont 5,5 millions d'espèces d'insectes) sur la planète, "un demi-million à un million d'espèces devraient être menacées d'extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies", poursuit le texte.

Ces projections correspondent aux mises en garde de nombreux scientifiques qui estiment que la Terre est au début de la sixième "extinction de masse", la première attribuée à l'Homme qui a déjà fait disparaître au moins 680 espèces de vertébrés depuis 500 ans.

L’agriculture et l’exploitation des ressources coupables

Nourriture, énergie, médicaments : "les apports que les gens tirent de la nature sont fondamentaux pour l'existence et la richesse de la vie humaine sur Terre, et la plupart d'entre eux ne sont pas totalement remplaçables", met en garde le texte. Par exemple, plus de deux milliards de personnes dépendent du bois pour l'énergie, quatre milliards utilisent une médecine naturelle et 75 % des cultures ont besoin d'être pollinisées par des insectes.

Premiers responsables de cette sombre situation : l'utilisation des terres (agriculture, exploitation forestière, mines) et l'exploitation directe des ressources (pêche, chasse).  Viennent ensuite le changement climatique, les pollutions et les espèces invasives, dont l'impact est "à ce jour relativement moins important", mais "s'accélère". Mais le texte met aussi en avant les liens entre cette perte de biodiversité et le changement climatique, parfois encouragés par les mêmes facteurs, en particulier le modèle agricole dans un monde de plus en plus peuplé.

La biodiversité, une question (aussi) économique

"Nous devons reconnaître que le changement climatique et la perte de la nature sont tout aussi importants, pas seulement pour l'environnement, mais pour des questions économiques et de développement", avait indiqué récemment à l'AFP le patron de l'IPBES Robert Watson, appelant à une "transformation" de la production alimentaire et énergétique. 

"Si nous voulons une planète durable qui fournit des services aux communautés autour du monde, nous devons changer de trajectoire dans les 10 prochaines années, comme nous devons le faire pour le climat", a souligné de son côté Rebecca Shaw, scientifique en chef de WWF. Le rapport estime d'autre part que trois-quarts des surfaces terrestres, 40 % de l'environnement marin et la moitié des cours d'eau ont été "gravement altérés". Et les régions les plus touchées sont celles où vivent des peuples autochtones particulièrement dépendants de la nature ou des populations pauvres déjà plus vulnérables aux impacts du changement climatique.

La rédaction avec AFP 


© 2019 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Biodiversité

Préserver la diversité des écosystèmes est indispensable pour gérer durablement les ressources de la planète. Quelles doivent être les conditions d’utilisation de ces ressources ? Peut-on breveter des plantes et pour quels usages ? Autant de questions posées au secteur cosmétique et pharmaceutique.

[Bonne nouvelle] Les terres et mers australes françaises inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco

Situées à plus de 2 000 kilomètres de tout continent, les Terres et mers australes françaises, dans le sud de l'océan Indien, viennent d’être classées au patrimoine mondial par l'Unesco. De quoi garantir des activités durables sur l’ensemble de cette vaste zone, selon le gouvernement.

Une nouvelle coalition internationale appelle à un New Deal ambitieux sur la biodiversité

En 2020, la COP15 de la Biodiversité qui aura lieu à Pékin pourrait donner lieu à un accord comparable à celui de Paris sur le climat. Pour s’y préparer, plusieurs grandes fédérations d’entreprises viennent de s’allier avec des ONG et think-tank environnementaux au sein d’une coalition appelée...

[Science] Les chimpanzés ne survivent plus que dans des "ghettos forestiers"

Sous la pression de l'urbanisation et de la chasse, les chimpanzés ne survivent plus que dans des ilôts de nature de plus en plus petits, se sont alarmés des primatologues spécialistes de ce plus proche parent des humains.

Comme la planète, la biodiversité a une limite... qui est déjà franchie

Il y a une limite à ne pas franchir pour le climat, et on la connaît. Le seuil fatidique a été fixé à +1,5°C par l'Accord de Paris. C'est cette limite qui permet aux entreprises, investisseurs, Etats d'agir. Or, sur la biodiversité, le seuil n'est pas encore bien défini ralentissant la mise en place...