Publié le 08 avril 2019

ENVIRONNEMENT

La SNCF, gros consommateur de glyphosate, ne trouve pas d'alternative miracle

En 2021, la France va interdire le glyphosate sur le territoire. C'est en tout cas la promesse d'Emmanuel Macron. Et les agriculteurs ne sont pas les seuls concernés par cette mesure, la SNCF, qui consomme 0,4 % du désherbant en France, cherche des alternatives. Or "aujourd'hui, on n'est pas capable de dire qu'on sera prêt en 2021", avoue-t-elle.

La SNCF mise sur des multiples alternatives pour se passer du glyphosate.
©CC0

La SNCF n'est pas sûre de trouver une alternative bon marché au glyphosate, dont elle est une grande utilisatrice pour désherber ses voies et leurs abords immédiats, d'ici son interdiction en 2021, ont indiqué des responsables jeudi. "Aujourd'hui, on n'est pas capable de dire qu'on sera prêt en 2021", a reconnu Michel Morin, le responsable des voies ferrées chez SNCF Réseau, devant la Mission d'information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate, à l'Assemblée nationale. "Ce qui est sûr, c'est qu'on fait le maximum pour être au rendez-vous. (...) C'est une course contre la montre", a-t-il assuré.

SNCF Réseau, qui consomme 0,4 % du glyphosate utilisé en France, s'est lancé dans un vaste programme de recherche pour trouver d'autres solutions. Le groupe public mise en particulier sur l'utilisation de "trains désherbeurs" capables de mieux cibler les zones à traiter, sur de nouveaux produits de désherbage chimiques utilisant des molécules moins nocives - des essais sont en cours -, ou encore sur l'amélioration du désherbage mécanique, qui est particulièrement fastidieux.

"On n'a pas de solution miracle"

A plus long terme, SNCF Réseau parie aussi sur la pose de géotextiles, sur l'ensemencement choisi - qui consiste à laisser pousser des plantes que l'on maîtrise -, ou sur les effets herbicides du courant électrique et des ondes électromagnétiques. "On n'a pas une solution miracle mais on a plusieurs solutions", a relevé Thomas Joindot, responsable de l'ingénierie de conception et de maintenance de l'infrastructure. Mais "on a encore beaucoup d'incertitudes sur les coûts, sur l'efficacité, sur l'impact environnemental et sur les délais", a-t-il ajouté.

"Tout ça doit se mettre en oeuvre petit à petit, et nécessite un soutien de tout le monde, et en particulier des pouvoirs publics: notamment sur les autorisations de mise sur le marché des nouveaux produits, le soutien aux nouvelles techniques, et il y a des paramètres financiers dans l'équation qui ne doivent pas être omis", a-t-il relevé.

Des alternatives très chères

Désherber les voies ferrées et leurs abords est indispensable, selon la SNCF: la végétation pourrait retenir l'eau et déformer la plateforme (et donc les rails). Les touffes d'herbe pourraient en outre gêner les rayons laser vérifiant l'écartement des voies ou perturber les tournées d'inspection des cheminots.  Quant aux pistes longeant les voies, elles doivent impérativement être dégagées pour que les agents puissent se déplacer rapidement et évacuer les voyageurs en cas de problèmes.

SNCF Réseau dépense 30 millions d'euros par an pour traiter les voies et les pistes. Après l'interdiction du glyphosate, la facture pourrait, selon ses calculs, atteindre 500 millions avec les moyens actuellement à disposition, peut-être 350 millions "avec des standards dégradés".

La rédaction avec AFP


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