Publié le 22 novembre 2017

ENVIRONNEMENT

Les industriels et distributeurs s'engagent à mieux rémunérer les agriculteurs

Les producteurs, distributeurs et industriels ont signé mi-novembre une charte qui les engage à fixer le prix de vente à partir du coût de production des agriculteurs. Un moyen de revaloriser la rémunération de ces derniers mais ce point d'étape n'est pas contraignant. Il faudra pour cela attendre la loi promise par Emmanuel Macron.

Les acteurs de l'agroalimentaire sont parvenus à un consensus autour du prix.

Sur le papier, c’est fait. Les producteurs, distributeurs et industriels ont tous apposé leur signature sur une charte d’engagement venue clôturer le premier chantier des États généraux de l’alimentation. Les signataires s’engagent à "fonder la construction du prix à partir de l’amont", en prenant en compte "la volatilité des marchés agricoles" et en veillant à une "meilleure transparence".

Une charte non contraignante 

Des engagements très attendus par les agriculteurs. Il faut dire que le temps pressait : les négociations commerciales ont débuté le 1er novembre et la FNSEA, premier syndicat agricole, souhaitait que ces grands principes encadrent les négociations. "C’est une étape et un outil pour tous les acteurs de la production à la distribution", s’est ainsi réjoui Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Même Michel-Edouard Leclerc, président du groupe éponyme; a signé la charte ! Lui qui avait joué les agitateurs tout au long du premier chantier des États généraux de l’Alimentation notamment sur la proposition du seuil de vente à perte. Ce seuil fixe en effet le prix en dessous duquel un distributeur ne peut vendre un produit. Or plusieurs parties prenantes ont estimé qu'il participait à la guerre des prix, et que son augmentation permettrait de mieux rémunérer les agriculteurs. Un "deal complètement irresponsable" pour Michel-Edouard Leclerc. Au final, la charte y fait à peine mention.

Bientôt une loi promise par Emmanuel Macron

Limite du système, cette charte n’est pas contraignante. C’est en quelque sorte l’esprit des États généraux de l’alimentation qu’on voulut faire respecter les ministres. Mais ce texte pourrait servir de base à une nouvelle législation. C’est en tout cas ce qu’a promis Emmanuel Macron. "Nous modifierons la loi pour inverser la formation du prix qui partira du coût de production", avait en effet déclaré le Président au début des États généraux. Il avait alors daté ses ordonnances au "premier semestre 2018". 

Pour l’instant, personne ne veut briser la dynamique. Toutes les parties prenantes se réjouissent de cette nouvelle charte. Mais elle ne fera pas oublier les tensions actuelles, notamment la crise du beurre, pour laquelle la responsabilité grande distribution est largement pointée du doigt.

Marina Fabre @fabre_marina


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