Publié le 25 octobre 2018

ENVIRONNEMENT

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture ou ministre des pesticides ?

Une semaine après sa nomination, Didier Guillaume est sous le feu des critiques. Le nouveau ministre de l'Agriculture est accusé d'être à la botte des lobbys après plusieurs déclarations, alourdies par son vote contre l'interdiction du glyphosate dans la loi lorsqu'il était sénateur. L'homme connaît pourtant bien ces sujets et avait réussi à créer le consensus. 

Les premières déclarations du nouveau ministre de l'Agriculture ont braqué les écologistes.
Pixabay

Qu’il est difficile d’être ministre de l’Agriculture. Une semaine après sa nomination à ce poste, Didier Guillaume s’attire les foudres des associations environnementales. En cause, cette phrase déclarée sur les ondes de RTL : "C’est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu’il y a des conséquences à l’usage des pesticides ou pas".

Le ministre faisait référence au nombre anormalement élevé de bébés nés sans bras dans l’Ain. Or les ONG ont interprété ces propos comme une attaque à la loi selon laquelle c’est au producteur de pesticides de donner la preuve que son produit n’est pas nocif pour la santé.

"Les lobbies ne pourront pas franchir les portes de mon ministère"

"Trois jours d’exercice et déjà porte-parole des lobbies : chapeau bas", a ainsi tweeté l’ancien candidat à la présidentielle, Benoît Hamon. "Je vous présente Didier Guillaume, nouveau ministre des pesticides. On attend toujours la nomination d’un ministre de l’Agriculture", a renchéri la sénatrice écologiste Esther Benbassa.

À la décharge de Didier Guillaume, un ministre de l’Agriculture est toujours soupçonné d’être à la solde des lobbies. Surtout s’il s’en défend : "(…) Moi ministre de l’Agriculture, les lobbies ne pourront pas franchir les portes de mon ministère. Je suis le protecteur des agriculteurs mais je ne suis soumis à aucun lobby", a-t-il plaidé chez CNews.

Un élu rural

Difficile de convaincre les opposants quand les vieux dossiers ressurgissent. En tant que sénateur, il a voté contre l’interdiction du glyphosate dans la loi. Suivant la droite ligne d’Emmanuel Macron il s’est défendu de ne pas vouloir laisser les agriculteurs dans l’impasse et promet que "dans ce quinquennat, nous connaîtrons la fin du glyphosate".

Mais derrière cette position, qu’il partage avec son prédécesseur, Didier Guillaume n’a pas toujours clivé. Sa nomination a été encensée par la FNSEA, principal syndicat agricole, qui salue un "élu rural et familier du monde agricole". Même son de cloche à la Confédération paysanne ou chez France Nature Environnement, pourtant habituellement en contradiction avec à la FNSEA. Pas de doute, Didier Guillaume connaît bien les sujets agricoles.

Un mauvais départ 

Pour cause, il a été rapporteur de la loi d’avenir pour l’agriculture au Sénat sous l’ère Hollande. Il a également été conseiller de Jean Glavany, ministre de l’Agriculture de Lionel Jospin. Et surtout, il est sénateur de la Drôme, un des départements français où l’agriculture bio se porte la mieux. "Il a été président du club Ambition bio au Sénat", rapporte le sénateur écologiste Joël Labbé à Reporterre, "je ne manquerai pas de le lui rappeler".

 

 

Marina Fabre, @fabre_marina


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