Publié le 22 octobre 2018

ENVIRONNEMENT

Agnès Buzyn et François de Rugy lancent une nouvelle enquête pour lever le mystère des bébés sans bras en France

Le mystère demeure sur plusieurs cas groupés de bébés nés sans bras ces dernières années en France. L’absence de réponse sur l’identification d’une cause est "insupportable" pour les ministres de la Santé et de l'Ecologie qui lancent de nouvelles investigations, comme le réclamaient des personnalités soupçonnant de possibles causes environnementales.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, au Grand Jury de RTL-LCI le 21 octobre 2018.
@LCI-RTL

Des cas groupés d'enfants nés sans mains, bras ou avant-bras ont été observés dans l'Ain (7 naissances entre 2009 et 2014), en Loire Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint.

Dans une première enquête, l'agence sanitaire Santé publique France a conclu début octobre que le nombre de cas de l'Ain n'était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. À l'inverse, il y a bien eu, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais sans cause identifiée. Selon Agnès Buzyn, ministre de la Santé, il y a "entre 80 et 100 naissances par an avec des malformations de membres" en France.

Ne pas s’en remettre à la fatalité

Pas question d’en rester là pour le gouvernement. "Nous avons décidé de relancer une enquête" avec l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement) et Santé publique France pour avoir des "regards croisés" de médecins et d'experts de l'environnement, a indiqué Agnès Buzyn lors du "Grand jury" RTL-Le Figaro-LCI.

"On ne peut pas se satisfaire de dire qu'on n'a pas trouvé de causes, c'est insupportable", a ajouté la ministre de la Santé. "Bébés nés sans bras : s’en remettre à la fatalité n’est pas acceptable", a dit sur Twitter son collègue François de Rugy, ministre de la Transition écologique.

Conserver les registres

Les causes peuvent être génétiques, liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques (alimentation, environnement, médicaments). Pour certains élus écologistes comme Yannick Jadot, les pesticides pourraient être à l'origine des malformations, même s'il n'y a pas de preuves scientifiques.

Agnès Buzyn a également promis qu'il était "hors de question d'arrêter la subvention des registres" y compris du Remera dirigé à Lyon par Emmanuelle Amar, le plus ancien des six registres des malformations congénitales de France, au centre d'une polémique scientifique. Emmanuelle Amar conteste les conclusions de Santé publique France sur le fait qu'il n'y aurait pas d'excès de cas dans l'Ain par rapport à la moyenne nationale.

Des enquêteurs indépendants

Selon la patronne de Remera, "on ne doit pas demander à Santé publique France de mener cette enquête. On a beaucoup de scientifiques indépendants de qualité en France. Il faut évidemment qu'on rassemble des gens qui n'ont pas été partie prenante de la polémique".

"C'est l'occasion d'exiger qu'il y ait dans toute la France des registres qui permettent de remonter le temps. On peut parfaitement le faire avec les informations qui sont à la Sécurité sociale qu'on peut analyser, sans porter atteinte à la vie privée. Afin de savoir exactement ce qui s'est passé depuis dix ans (…) Qu'il n'y ait pas des registres dans toute la France est un scandale absolu", a jugé l’ancienne ministre de L’Environnement, Corinne Lepage.

La Rédaction avec AFP


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