Publié le 06 septembre 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

Burberry arrête de brûler ses produits invendus

Burberry, qui avait été pointé du doigt en juillet pour avoir brûlé des milliers de ses célèbres trenchs, a décidé, ce 6 septembre, d'arrêter toute destruction de ces invendus vestimentaires. Une décision qui redore le blason de l'enseigne de luxe et devance la décision du gouvernement d'interdire aux marques d'ici 2019 de jeter ou éliminer les invendus. 

Burberry confirme également qu'il n'utilisera plus de fourrure véritable dans ses collections.
@Pixabay

Fini les trenchs qui partent en fumée. Dans un communiqué publié le 6 septembre, l’enseigne de luxe Burberry annonce arrêter de détruire ses produits invendus. "Le luxe moderne signifie être socialement et écologiquement responsable. Cette conviction est essentielle chez Burberry et la clé de notre succès à long terme", justifie Marco Gobbetti, directeur général de la marque britannique.

Cette décision s’inscrit dans une nouvelle stratégie de lutte contre le gaspillage vestimentaire. Mais deux choses ont sans doute poussé la marque à prendre cette décision. D’abord, la volonté du gouvernement d’interdire, d’ici 2019, aux marques de jeter ou éliminer leurs invendus, suivant ainsi les grands principes de la loi sur le gaspillage alimentaire.

31 millions de produits détruits en 2017 par l'enseigne 

Ensuite, la révélation, en juillet dernier, de la destruction de 20 000 trenchs de l’enseigne. Une augmentation de 50 % d'incinération en deux ans. Au total, 31 millions d’euros de produits avaient été jetés, dont 11 millions d’euros de cosmétiques et de parfums.

Burberry s'était défendu en assurant travailler "avec des entreprises spécialisées qui sont capables de récupérer l'énergie de l'opération" de destruction. "Quand on est obligé de détruire des produits, on le fait de manière responsable et on continue à chercher des moyens de réduire et revaloriser nos déchets", ajouté un porte-parole à l'AFP.

"Solder un produit, c'est le dévaloriser" 

Cette pratique est couramment utilisée parmi les distributeurs mais essentiellement les marques de luxe qui y voient une façon de protéger la propriété intellectuelle et d’empêcher la contrefaçon, en détruisant leurs stocks au lieu de les écouler à prix bas. "Pour certaines maisons, solder un article à -50 %, c’est dévaloriser le produit", explique à Novethic Jean-Noël Kapferer, professeur à l’Inseec Luxury Institute.

Au-delà des invendus, Burberry a également confirmé, ce 6 septembre, sa volonté de ne plus utiliser de fourrure véritable dans ses nouvelles collections et de l’éliminer dans les anciennes. 

Marina Fabre @fabre_marina 


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