Publié le 15 mai 2018

ÉNERGIE

En 2020, les voitures autonomes pourront rouler en France, avec beaucoup de retard sur les États-Unis et la Chine

La course aux voitures autonomes est ouverte. Le gouvernement a annoncé ce lundi 14 mai vouloir autoriser les voitures autonomes à rouler en France d'ici 2020. Il compte ainsi adapter le cadre législatif pour permettre aux constructeurs français comme PSA et Renault de se lancer dans la course. Reste qu'il sera difficile de rattraper le retard face aux deux leaders que sont la Chine et les États-Unis. 

Tesla X voiture autonome
Le document présenté le 14 mai ne définit pas encore la responsabilité pénale du propriétaire en cas d'accidents de la route.
©Tesla

Le gouvernement a présenté ce lundi 14 mai sa stratégie nationale pour le développement des voitures autonomes. Il a ainsi annoncé que, dès 2020, des modèles seraient autorisées à rouler sur le territoire français. "La loi Pacte prévoira que les expérimentations sur routes ouvertes soient possibles tout le territoire français jusqu’au niveau 5 d’autonomie, donc en l’absence de tout conducteur", a expliqué le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.

Deux accidents mortels ont refroidi les consommateurs

Mais le gouvernement devra aussi s’adapter à l’opinion publique. Deux récents accidents mortels, l’un avec un VTC autonome d’Uber ayant percuté une piétonne en Californie et un autre, dans la même région, avec une Model X de Tesla, ont refroidi les consommateurs. "Les trois mots-clés de la stratégie nationale pour le développement des voitures autonomes seront sécurité, progressivité, utilité", a expliqué Anne-Marie Idrac, la Haute responsable du développement des voitures autonomes. "La vision française est de faciliter l’innovation sans jamais sacrifier la sécurité", rappelle-t-elle.

Cette initiative répond à un engagement du Président de la République. Emmanuel Macron, avait annoncé en mars un cadre législatif pour 2019 afin de faciliter ces tests et mettre le pays "à la pointe de l'expérimentation et de l'industrialisation" de ces véhicules.

Une très bonne nouvelle pour PSA

"C'est une très bonne nouvelle que le gouvernement participe activement à développer ces solutions", se réjouit-on chez PSA. Le deuxième constructeur européen (marques Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) a démarré ses tests en juillet 2015 et compte aujourd'hui une vingtaine de démonstrateurs de véhicules autonomes. Après plus de 150 000 kilomètres parcourus sur les routes d'Europe, il prévoit de commercialiser autour de 2021-2023 ses premiers modèles permettant au conducteur de quitter la route des yeux.

Renault, lui, prévoit la commercialisation de 15 voitures semi-autonomes d'ici 2022. Il a également présenté au salon de Genève son concept EZ-GO de navette électrique, autonome et partagée, dont il promet une version commerciale pour cette même date.

La France en retard 

Mais la France ne fait pas la course en tête dans ce domaine. Pour les experts, la Chine et les États-Unis sont les mieux placés pour rafler la mise, grâce à leur immense marché et leurs nombreuses sociétés innovantes. Côté Amérique, on trouve : Google, Apple, Tesla ou Uber. Côté Chine, il faut compter sur : Baidu (intelligence artificielle), Huawei (télécoms), Didi (services de VTC), Tencent (Internet) ou encore Lynk & Co (constructeur automobile). D’où la nécessité pour le gouvernement français d’adapter le cadre législatif pour favoriser l’innovation et booster la filière dans la bonne direction. 

Marina Fabre @fabre_marina  avec AFP


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